Shunkan, une exposition photo de Qwan entre virtualité et invisibilité

Le Bushman Café accueille jusqu’au 8 janvier 2018 Shunkan, une exposition de Qwan, artiste ivoiro-américain qui nous invite dans son univers photographique mêlant émotion, contraste et profondeur. Découvrons cette exposition.

Vanity – Qwan

Shunkan ou l’expression d’un moment

« Shunkan » signifie en japonais « le moment qui arrive souvent » comme pour rappeler le travail de fond opéré par l’artiste qui dit rechercher avant tout une émotion particulière dans tous ses clichés. Une émotion que l’on ressent au fur et à mesure que l’on se déplace dans la salle et qui se traduit par un slogan « virtually present, physically invisible ».

Une façon de traduire le côté éphémère de la photographie. On capture un moment, un moment qui devient physiquement invisible avec le temps mais virtuellement présent en nous. Nous intégrons l’univers du souvenir, des codes visuels, émotionnels liés à notre mémoire individuelle, familiale, collective… Qwan nous rappelle que les photographies sont autant de moyens de faire référence à des moments précieux et chargés d’émotions à l’image de la « madelaine » de Proust.

Le noir et le blanc des photos sont une invitation à la captation du mouvement, de l’environnement. En effet, d’un premier abord, notre œil voit une scène brute avec ses détails visibles. Puis lorsque l’on contemple la photographie, notre œil fouille, encore et encore, pour voir apparaître un cocotier dans un fond perdu, un seau dans la pénombre d’une salle, un regard à l’ombre des escaliers… des scènes ordinaires chargées de sens et d’émotions. Elles nous laissent vagabonder entre calme, intrigues, sentiments personnels ou identité collective. Ces photos sont la captation d’instants particuliers pris entre Abidjan, Assinie, New York et Paris.

J’ai eu un coup de cœur pour l’œuvre intitulée The Box. Elle a été prise à Paris dans un studio photo. Elle semble si sombre mais si vous cherchez bien vous apercevrez au delà du néon, un seau perdu dans l’immensité de l’espace. Cette photo est calme, vide mais à la fois profonde car, pour moi, elle nous met face à une réalité très simple : la solitude.

Une photo prise à New York m’a particulièrement se distingue des autres. C’est la seule en couleur. Il s’agit de celle d’un vanne, voiture familiale, brandée aux couleurs du drapeau américain. Cette voiture est un récit familial, un récit du patriotisme américain, une partie du rêve américain tel que vécu par de nombreuses personnes, une façon de faire un hommage aux familles américaines modestes mais fières de leur appartenance à leur patrie.

The Box – Qwan

Qui est Qwan ?

Qwan, esprit élevé

Qwan signifie « Esprit élevé » en japonais. L’artiste s’inspire du Japon et sa culture largement ouverte sur le monde et intégrant particulièrement la recherche de l’harmonie entre les choses, les matières, la nature, les animaux et les hommes. Quelque chose que j’apprécie tout particulièrement en grande amatrice de culture asiatique puisque ce besoin d’équilibre se ressent dans ses œuvres que se soit dans les contrastes, la mise en valeur des matières, les jeux de lumières, les lignes, la symétrie… l’harmonie règne.

L’autre point intéressant de la démarche artistique est le passage du tirage photo argentique au numérique. Je ne le dirais jamais assez, un artiste qui a pratiqué la chambre noire, et qui réalise des œuvres en noir et blanc, apporte incontestablement une autre dimension à ses clichés. Son œil aguerri nous invite à développer une autre sensibilité et à appréhender l’œuvre selon une autre dimension que ce qu’elle est censée nous présenter d’un premier abord.

Qwan, en quelques mots

D’origine ivoiro-américaine Anthony-Hawkins, dit “Qwan” est un artiste pluriel évoluant également dans la mode et la musique. Né à Angers, il grandit entre Boston et Saint-Louis, près de Bâle.

Depuis son plus jeune age, il se voit animé par une passion folle pour la photographie. Tout a commencé par des clichés mémoires, des moments singuliers qu’il voulait comme figer dans l’espace-temps.

En évoluant il a trouvé dans l’image un moyen de faire partager sa vision de la beauté, toujours dans le but de graver des instants qui pour tout un chacun pourrait paraitre furtifs.

Ses clichés arrêtent l’époque et sont une mosaïque de ses voyages. On retrouve dans son art l’esthétique qu’il doit à sa formation de styliste.

Muni de son appareil photo Qwan est un designer, architecte de sa propre mémoire.

 

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