Retour sur l’exposition photographique « Les enfants, Dans leurs yeux, le Monde » de Jean Ulrich Manphayssou à la Galerie Houkami Guyzagn

Du 10 au 26 août 2017, la Galerie Houkami Guyzagn a accueilli l’exposition photographique « Les enfants, Dans leurs yeux, le Monde » de Jean Ulrich Manphayssou. Retour sur cette exposition. 

 

Mathilde Moreau à l’honneur

Le vernissage de l’exposition photographie qui s’est tenu le 10 août 2016 en princesse de l’Agence Houkami Guyzagn et de la Fondation Orange a été l’occasion de procéder au baptême la salle d’exposition principale de la Galerie Houkami Guyzagn qui a reçu officiellement le nom de la Salle d’exposition Mathile Moreau,  la directrice des Beaux-arts d’Abidjan et artiste-plasticienne ivoirienne.

Biographie de Mathilde Moreau 

Diplômée de l’Ecole des Beaux-Arts d’Abidjan, Mathilde Moreau a fortement contribué à l’affirmation des arts plastiques ivoiriens et africains, aux côtés de ses amis du mouvement Vohou-Vohou . Tiré de la langue gouro, le mot « Vohou-Vohou » signifie : « n’importe quoi ». Il est donné au début des années 70 aux « artistes poubellistes » de l’Ecole d’Abidjan, par dérision, par un de leurs amis architecte d’intérieur. Ce dernier, ne comprenant rien à leur façon de produire de l’art, leur dit qu’ils font du « vohou-vohou ». C’est que sous la houlette du Martiniquais Serge Helenon, leur professeur et maître, les étudiants d’Abidjan contestent la peinture éculée tributaire du chevalet. De fait, ils montrent que la vérité picturale n’est pas qu’occidentale et académique. Portés par leur âme et leur sensibilité nègres, ces étudiants revisitent alors, par le biais de matériaux et pigments décapants pris dans leur environnement, l’espace et le support pictural. En agissant de la sorte, ils font prendre à la peinture ivoirienne un virage de 180 degrés.

A partir de 1981, Youssouf Bath, Théodore Koudougnon, N’Guessan Kra, Yacouba Touré dit Yack, anciens étudiants de l’Ecole des Beaux–Arts d’Abidjan, que rejoindra en 1987 leur cadette Mathilde Moreau et quelques autres, systématisent cette philosophie esthétique. L’exploitation, sur les cimaises, dans les salles d’exposition huppées de la place, de menus objets : tapa, cauris, jus de cola, latérite, kaolin, etc., apparaît comme une immense provocation aux yeux des réactionnaires. En même temps, elle dit, de manière forte, leur quête identitaire ontologique: être des peintres africains et des Africains peintres, et non plus des ersatz de peintres occidentaux. Comme l’aurait écrit Senghor, ils sont bien dans leur peau de lamantins allant boire à la source.

Cette vision esthétique et philosophique des artistes du mouvement Vohou irrite fortement un grand nombre de tenants de la peinture de chevalet. A leur tête se trouve James Houra, alors directeur de l’Ecole des Beaux-Arts d’Abidjan. Pour lui, les artistes Vohou, parce que peintres médiocres, cachent leurs limites dans cette façon de penser l’art. De l’abstraction, maître mot de ces peintres novateurs, il dira qu’elle est abri leur permettant de masquer leurs faiblesses de dessinateurs. Comme à une guerre des Anciens contre les Modernes, des débats houleux et des attaques en règle dans la presse occupent la scène et mettent l’art Vohou sous feux de la rampe.

Au cours des années de braise de ce mouvement qui a pleinement vécu de 1981 à 1991, un Youssouf Bath est baptisé le Sorcier Vohou. Mathilde Moreau, elle, reçoit de ses pairs le surnom de Prêtresse Vohou. Dans sa peinture, la thématique de la « termitière » a longuement été de mise. En écho aux sages du continent, elle clame sa foi africaine : « Si la termitière vit, qu’elle ajoute de la terre à la terre ». Son amour pour les ocres, couleur de la terre-mère et des origines, date de cette période.

Depuis sa première exposition individuelle intitulée « Varig » (1987) (du nom d’une compagnie aérienne dont un avion s’est écrasé à Alépé), Mathilde Moreau est demeurée sur les cimaises. Cela n’est pas le cas de nombre de femmes peintres de sa génération qui ont fait long f eu, en dépit des espoirs placés en elles, pour diverses raisons. Régulièrement, l’ex-Prêtresse Vohou va à la rencontre du public, à l’occasion d’expositions individuelles ou collectives de tout genre, aux rencontres nationales et internationales. A force de travail, elle est, aujourd’hui, le plus grand peintre féminin de Côte d’Ivoire et un des grands noms de la peinture ivoirienne.

En 1996, avec des amis dont les peintres Yacouba Touré, Ignace Mensah, Tiébena Dagnogo, Issa Kouyaté, elle crée le groupe Daro-Daro, pour permettre aux artistes de rompre avec l’isolement de leurs ateliers, de mêler leurs énergies et de confronter leurs expériences par l’organisation de workshop (ou ateliers de création). Le premier workshop de ce groupe qui se tient à la Maison Carrée, route de Dabou, marque l’ouverture de l’ex-Prêtresse Vohou à une nouvelle période. En effet, elle délaisse sa palette très assombrie héritée de sa première exposition, « Varig », pour un pinceau plein de soleil. Ce désir de lumière sera jumelé à un désir de rencontres. Avec les autres pour mieux se rencontrer soi-même. Son départ pour la Chine, en 1998, dans le cadre d’un programme d’études et de recherche à Beijing, répond à ce besoin intérieur d’étirer l’horizon et les soleils. Le titre qu’elle donne à son exposition de l’hôtel Ivoire est donc tout un programme : « Zhongguo, la Porte du Soleil ».

Propos de Henri N’Koumo Critique d’art

exposition photographique « Les enfants, Dans leurs yeux, le Monde » de Jean Ulrich Manphayssou à la Galerie Houkami Guyzagn

Les enfants au coeur de l’exposition

L’exposition photographie intitulée « Les enfants : Dans leurs yeux, le Monde » de Jean Ulrich Mamphayssou nous emmène avec insouciance à porter un autre regard sur le monde. Un regard neuf, une découverte, une surprise avec l’insouciance des enfants.
On y voit des moments de joie, d’apprentissage, de curiosité, de jeux, de découverte… l’apprentissage de la vie. Ces enfants nous ramènent au petit enfant qui est en chacun de nous, qui sous le regard protecteur, des parents découvre le monde et apprend à l’apprivoiser sans voile ni masque.

Ces photographies sont, pour moi, un subtil mélange entre la photographie documentaire et la photographie d’art. Le choix du noir et du blanc donne une autre puissance à ces photos. On imagine des souvenirs d’enfance que nous avons expérimenté chacun à nos petits niveaux.

Concernant l’artiste, il est Directeur artistique dans une entreprise de communication de la place et développe son goût pour la photographie depuis quelques années. Il a reçu le Prix Bene Hoane de la photographie des Guzagn 2016.

 

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