Le Vaudou, l’un des seuls héritages africains jeté dans le Nouveau Monde

Le séjour au Bénin ne pouvait pas être appréhendé sans découvrir le Vaudou. Le Vaudou, dont j’ai souvent entendu parlé sous le prisme de la sorcellerie, m’a été présenté sous son vrai regard. Loin des perceptions négatives, c’est une religion que j’ai pu découvrir sous ses aspects positifs et négatifs. Retour sur cette découverte des plus surprenantes.

Le Temple des Pythons

Le Vaudou

Le vaudou est une religion d’ordre cosmique issue des cultes animistes africains et qui est toujours largement répandue au Bénin et au Togo. Elle existe depuis la naissance de l’homme en terre d’Afrique, et son histoire a traversé les frontières. Aujourd’hui, le vaudou alimente de nombreux fantasmes véhiculés notamment par des siècles de colonisation, puis à travers le cinéma de sensation. Ce voyage au Bénin a donc été l’occasion de découvrir cette religion qui suscite tant de mystère.

Les origines de cette religion animiste

Le vaudou est né de la rencontre  des cultes traditionnels des dieux Yorubas (Nigéria) et des divinités Fon (Bénin, Nigéria, Togo) et Ewe (Ghana, Togo) lors de la création puis de l’expansion du royaume Fon d’Abomey aux XVIIe et XVIIIe siècles.

A lire : Les 12 rois principaux et officiellement reconnus par la famille royale

Cette religion est le fondement culturel de peuples principalement issus d’Afrique de l’Ouest à savoir le Bénin, le Togo, le Ghana et le Nigéria.

Le mot « Vaudou » (que l’on prononce vodoun) est l’adaptation par le Fon d’un mot Yoruba signifiant « dieu ». Ainsi, le mot vaudou désigne l’ensemble des dieux, divinités ou des forces invisibles dont les hommes recherchent à concilier la puissance ou la bienveillance. On comprends donc que le Vaudou est la reconnaissance d’un monde surnaturel avec lequel on entre en contact à la suite d’un ensemble de procédures et de rituels.

On peut donc le décrire comme une culture, un héritage, une philosophie, un art, des danses, un langage, un art de la médecine, un style de musique, une justice, un pouvoir, une tradition orale et des rites a disposition de tout un peuple.

 

Le seul héritage des africains jetés dans le Nouveau Monde durant la traite négrière

Avec la traite négrière, la culture vaudou s’est étendue à l’Amérique, notamment au Brésil, et aux îles des Caraïbes, notamment à Haïti.

Elle se caractérisait, et se caractérise encore, par :

  • des rites dits d’incorporation soit de possession volontaire et provisoire par les esprits
  • des sacrifices d’animaux
  • la croyance aux morts vivants (revenants) et en la possibilité de leur création artificielle
  • la pratique de la sorcellerie sur des poupées à épingles (représentation la plus répandue et vulgarisée par le monde occidentale)

Les esclaves n’avaient pas le droit de pratiquer leur religion et tous les rappels à leur culture étaient interdits par les colons. D’ailleurs la pratique du vaudou était passible de mort ou d’emprisonnement. Par conséquent, elle se pratiquait en secret. On sait cependant, que le vaudou a intégré les rites et conceptions catholiques au fil du temps, le rendant ainsi acceptable. Ainsi est né le « vaudou chrétien ». Il faut d’ailleurs noter que dans les années 1950, le Vatican a fait la paix avec le culte vaudou.

Aujourd’hui, les pratiquants du vaudou affichent sans craintes leur croyance.

A lire : L’exposition de Pierre Verger sur les liens culturels entre le Bénin et le Nouveau Monde (le Brésil) à travers les rites vaudou

 

La fête du Vodoun – Fête Nationale au Bénin célébrée le 10 janvier

La fête du Vodoun est une fête qui a été instituée en 1995 par le président-Maire Nicéphore Dieudonné Soglo pour sceller la laïcité de la nation béninoise. Elle est aussi appelée fête des religions traditionnelles.

Compte tenu du fait que le Bénin est le berceau du vodoun, religion qui , répétons le, occupe une place très forte dans l’identité du pays.Elle est ainsi célébrée le 10 janvier à travers le Bénin et plus particulièrement à Ouidah, ville historique et touristique inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

« En 2018, les festivités se tiendrons du du 7 au 16 Janvier 2018 avec le 10 janvier comme journée phare ».

 

A lire : Découvrez la ville de Ouidah à travers :

Les divinités Vaudou

Le vaudou regroupe à son panthéon regroupe plus de 200 dieux et est avant tout constitué des forces de la nature. C’est ainsi que les vaudou et leurs relations nous renvoient aux quatre puissances naturelles suivantes: l’eau, l’air, la terre et le feu. Mais le culte vaudou s’intéresse aussi à d’autres entités surnaturelles, telles que les ancêtres divinisés et les monstres (et autres animaux).

Les principales divinités de cette galaxie sont :

  • Xêvioso ou chango: c’est une divinité du ciel qui se manifeste par la foudre. Il est le dieu justicier qui châtie les voleurs, les menteurs, les malfaiteurs et est symbolisé par une double hache;
  • Sakpata ou chakpana: est le Dieu de la terre, de la guérison et de la maladie. C’est la divinité qui propage la variole. Il est très craint et on ne prononce pas son nom;
  • Dan : c’est la divinité du serpent, entendez ici le Pythons. Il se manifeste à travers l’arc-en-ciel. Il peut aussi se présenter sous forme d’un homme et combler de richesses ceux qui l’accueillent bien. Cette divinité est particulièrement vénérée à Ouidah;
  • Gou ou Ogou : Dieu de la Guerre, c’est la divinité des forgerons, des chasseurs ou de tous ceux qui manipulent le fer ou les armes en fer. C’est un dieu représenté par un amas de ferrailles que l’on retrouver souvent devant les entrées des maisons. Il a vocation à protéger mais il peut également punir par des accidents sanglants.
  • Lègba ou Elegbara ou Eshu : c’est le Dieu de la réflexion, Dieu de la croisée des chemins, le vodou du désordre de la méchanceté, de l’intelligence et de la ruse. Il remplit des fonctions et des rôles bien souvent contradictoires.  Associé à la divinité Fa (ou Ifa), il forme un couple porteur de la pédagogie de cette religion. En effet, on appelle le Fa une technique divinatoire venue d’Ifé au Nigéria.
  • Mami Wata ou Yemendja : C’est la (déesse) mère des eaux, déesse crainte des pêcheurs. Elle représente aussi bien la mer nourricière que l’océan destructeur. On lui consacre un culte spécial notamment au Togo car c’est avant tout une divinité éwé. Elle est également vénérée au Nigéria, au Cameroun et au Congo-Brazaville où elle symbolise la puissance suprême.
Le Temple des Pythons

Chacune de ces divinités a des adeptes initiés qui leurs font périodiquement les cérémonies rituelles.

 

A lire : Exposition « Signes de pouvoirs » de Charly d’Almédia à la LouiSimone Guirandou Gallery

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s