Eline Arnaud

Rentrée en Côte d’Ivoire en 2010 pour tenter l’aventure au pays natal, Eline Arnaud débuta sa carrière ivoirienne dans une banque, en passant du poste d’Assistante Communication, à celui de Responsable Communication rattachée à la Direction Générale en moins de cinq (5) ans. Depuis, un peu plus d’un (1) an, elle a rejoint le cabinet d’une personnalité publique, en qualité de Directrice Communication Adjointe. Étant très impliquée dans la promotion des arts, de la culture et de l’artisanat en Côte d’Ivoire, j’ai eu le plaisir de la rencontrer pour vous présenter l’étendue des activités qu’elle réalise dans ce domaine.
(crédit photo : APZ/Studio Wayne)

1. Eline Arnaud, que faites-vous dans la vie, quel est votre parcours et quelles sont vos activités actuelles ?

Je suis Directrice Communication Adjointe dans un Cabinet depuis juin 2015, et en dehors de mon travail, j’écris des articles dans la rubrique ‘Art et Culture’ d’un mensuel gratuit distribué à Abidjan. En plus de ça, j’ai ouvert en 2010, quand je suis rentrée à Abidjan, une entreprise dont l’activité est basée sur le développement social, et orientée vers les femmes qui s’appelle : « De Fil en Aiguille, Broderie et Artisanat ».

L’idée de départ de ce projet est venue d’un constat que j’ai pu faire lorsque je travaillais en Banque et que j’étais sollicitée par de nombreuses personnes, particulièrement des femmes, en vue d’obtenir un support financer pour le lancement ou le financement d’une activité ou tout simplement pour solutionner des problèmes de la vie quotidienne. J’ai donc réalisé que plutôt que de donner simplement de l’argent à ces femmes, il serait plus intéressant de les emmener à être autonomes, en les aidant à développer elles-mêmes, leur propre source de revenu.

J’ai donc réfléchi à une activité et l’idée m’est venue par ma mère. En effet, à l’époque, elle travaillait pour le Ministère de la Famille et avait pour habitude de mettre en formation les jeunes filles qui étaient employées à la maison, pour leur permettre d’acquérir une formation professionnelle. Donc dès 14h, 15h, elles quittaient leur travail, pour aller prendre des cours et revenaient le lendemain. Je me suis donc dis, puisqu’une d’entre elles avait fait de la broderie, que l’on pourrait perpétuer cette initiative et ainsi leur permettre de vendre leur production à travers un réseau que j’aurais mis en place. Nous avons démarré avec une brodeuse, puis une deuxième et nous avons commencé à vendre nos nappes et nos draps au porte à porte. Je concevais les motifs, elles brodaient et je les vendais soit lors des expositions d’artisans, soit directement à des particuliers. Jusqu’à ce qu’en 2013 l’on finisse par ouvrir une boutique, car je ne pouvais plus me permettre de faire les livraisons moi-même. La boutique a ouvert et le projet a commencé à prendre de l’ampleur,  puisque nous mettions également en valeur le savoir-faire et la culture de Côte d’Ivoire à travers le choix des motifs et des matières. En effet, tous nos tissus sont achetés ici. Par exemple nous travaillons avec une coopérative à Korhogo, une usine de confection de pagne à Bouaké et des dessinateurs à Abidjan.

Jusqu’à aujourd’hui, l’activité continue. Nous avons développé des partenariats en Côte d’Ivoire, au Canada et en France et nous participons à des événements au niveau local et à l’extérieur. C’est vrai que c’est un peu plus difficile aujourd’hui avec la charge de travail, mais malgré tout nous continuons à y croire. En cette fin d’année nous avons repensé toute notre image de marque (logo, positionnement, produits). A partir de l’année prochaine, nous relancerons les activités avec une identité plus forte, et des perspectives tournées vers l’extérieur.

Je travaille aussi à la promotion des artistes et artisans locaux et sous régionaux, en vue de leur donner des plateformes de visibilité. En fait, pour moi tout ceci est lié pour promouvoir ce que nous avons. C’est ainsi que j’ai organisé cinq (5) éditions du Women Wine & Diva Delicious qui était un évènement de valorisation de l’artisanat local. Les deux éditions les plus à succès, se sont tenues successivement au Restaurant Le Château de Feuilles situé dans le temps à la Riviera (maintenant fermé) et chez Saakan dans sa première version des Deux-Plateaux. Le public a vraiment bien répondu et le concept a bien fonctionné car il était nouveau. J’ai arrêté de les organiser par la force des choses et par manque de temps.

Mais après quelques années de pause, j’ai décidé de poursuivre l’aventure en créant une plateforme participative de relations publiques baptisée A’Lean & Friends, qui a pour objectif de promouvoir l’art et la culture africaine dans toute son originalité et sous toutes ses tendances. A’Lean & Friends a pour mission première de contribuer à faire vivre l’art d’ici, en créant un médium original d’expression libre, d’échange, de découverte et de partage pour les talents locaux. A’Lean & Friends démarrera ses activités ce mercredi 12 octobre 2016 avec « CITE DES ARTS », des rencontres socioculturelles, dont l’objectif principal est de mettre en lumière de purs talents, évoluant dans différentes disciplines artistiques : peinture, photographie, sculpture, arts plastiques, arts scéniques… Le meilleur reste donc à venir.

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Voici donc présentées brièvement, les deux (02) domaines dans lesquels j’interviens, en dehors de mon travail, à savoir l’Art & la Culture et l’Artisanat.

 

2. A l’origine, d’où vient votre passion pour les arts, de la culture  et de l’artisanat ? Et comment cela vous a conduit à mener des actions de promotion de l’art et de la culture ?

Cela a toujours été. Ma mère aime beaucoup l’artisanat et j’ai grandi dans un environnement où l’on m’a sensibilisée au brassage culturel afro-américain et africain tout court. C’était aussi bien la peinture, la sculpture que la musique et quand je suis rentrée, le fait d’aller plus loin a été une évidence. Mais je crois qu’avoir vécu à Montréal m’a beaucoup aidé à me réconcilier avec mon identité africaine, car je fréquentais beaucoup d’Haïtiens qui ont une forte identité culturelle. J’ai donc peaufiné la base de mon intérêt pour mes origines, mes traditions et ma culture. Je dirais que j’ai développé cette sensibilité que j’avais en moi, une fois que j’ai réellement pris conscience de ce qu’elle représentait.

Par ailleurs, je suis très orientée vers le partage, et je garde toujours à l’esprit l’idée de créer des opportunités. C’est pourquoi j’aide les artisans et certains artistes à développer leur image, à mettre en valeur leur travail, à la partager au plus grand nombre en vue de permettre au grand public de comprendre leur passion.

3. Présentez-nous De Fil en Aiguille.

Au début ce projet n’a pas été pensé comme une entreprise. C’était une activité d’entraide qui devait permettre aux femmes de développer leur autonomie. Et puis petit à petit, on en a fait une entreprise. Et comme l’entreprise grandit, nourrit de plus en plus de personnes et intéresse aussi de plus en plus de monde, nous ne pouvions que continuer à la développer. C’est vrai que ce n’est pas tous les jours facile. J’ai souvent pensé à arrêter et à fermer, mais je me dis qu’il faut continuer car nous rentrons dans une nouvelle phase, celle des trois (3) ans… donc soit on meurt, soit on se développe. Et nous avons choisi de nous développer en changeant de statut et en envisageant d’atteindre un marché international.

De plus, De Fil en Aiguille c’est aujourd’hui une équipe de femmes volontaires, dont les revenus sont assurés par cette activité. Arrêter cette aventure, ce serait mettre de nombreuses personnes dans de nouvelles difficultés financières. Le volet social reste primordial pour nous.

 

4. En Côte d’Ivoire, et plus largement en Afrique, l’art n’est pas réellement valorisé. Votre avis sur le sujet nous intéresse.  

Le marché ivoirien des arts et de l’artisanat est très lent, pas assez structuré et beaucoup trop éclaté. Il y a vraiment de superbes choses qui existent, il y a énormément de potentiel, mais il n’y a rien de réellement organisé. Il faudrait davantage de cohésion et d’harmonie.

J’encourage toutes les personnes désireuses de se lancer dans cette aventure, de franchir le pas et de tenter le coup, en prenant tout de même quelques petites précautions d’usage.

Ci-dessous les contacts :

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8 comments on “Eline Arnaud

  1. merci à Originvl pour cette belle interview. Et surtout à Eline Arnaud dont je parie tout sur le succès dans cette aventure pour la promotion des arts et de l’artisanat. Vous faites partie de ces personnes qui comprennent aisément les choses,rien qu’à les observer. Bravo également pour cette nouvelle initiative: « Cité des Arts ».

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    • Merci Essoh pour ton message à nos égards! Beaucoup de courage et une nonne continuation à toi dans l’expression de ton art pour lequel nous sommes admiratifs. Bonne journée.

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    • Merci Sess… on y est ensemble dans cette aventure, et on va y arriver! Certain qu’on laissera quelque chose à ceux d’après! A très vite…

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  2. Magnifique ce que vous faites !! Il n’y a pas assez d’initiative de ce type sur Abidjan et plus généralement en Afrique, avec le soucis de faire avancer les conditions de chacun dans le bon sens. Je vous souhaite tout le meilleur pour la suite.
    Le monde a besoin de gens comme vous !!

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    • Merci pour vos encouragements et vos mots justes… Si chacun de nous recréait un peu de ce monde meilleur auquel nous aspirons tous, avec un peu d’entraide, du bon sens et de la bonne volonté, nous y serions déjà!!!

      Encore merci à vous.

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  3. Bravo pour votre dévouement et votre engagement pour la promotion de notre culture et de notre art si riche mais par-dessous tout merci d’inspirer et de stimuler l’émancipation de notre gente féminine.
    Merci pour ce blog!

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