AFIBA – Ateliers sur le thème: « Cinémas d’Afrique: impossible industrie? »

 J’ai pu participer pendant ma pause déjeuner à l’ouverture des ateliers du Festival AFIBA sur le thème : « Cinémas d’Afrique: Impossible Industrie? »
Ce sont sept (7) ateliers sur différents sous thématiques qui ont été abordés sur trois (3) jours à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côté d’Ivoire (CCI-CI). 
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L’Atelier d’ouverture
Les ateliers ont été ouvert par Mme Duparc qui a tenu à remercié Mme Marie Gabrielle Boka Varlet, Directeur Général de la CCI-CI pour avoir apporté son support et son soutien pour la mise œuvre de ce festival.
L’atelier d’ouverture a porté sur le thème suivant : Cinémas d’Afrique: Quelle contribution au développement culturel et économique d’un pays?
On pouvait compter au rang des panélistes, M. Paul-Charlemagne Coffie, Expert Consultant science de l’information et de la communication et Président du comité scientifique, M. Mohamed Sarim Al Haq Fassi-Fihri, Directeur du Centre Cinématographique Marocain et invité spécial de l’événement, Mme Henriette Duparc, Initiatrice de l’événement à travers la Fondation Henri Duparc et M. Michel Koffi, Journaliste spécialiste du Cinéma à Fraternité Matin en qualité de modérateur.
Après l’exposé liminaire de présentation des ateliers, les panélistes et le modérateur ont rejoint la table de séance. Le Directeur Général du CCM a présenté le cas du Maroc.
Son exposé peut être résumé comme suit:
Le CCM est un des plus anciens centre cinématographique. En effet, la production de film a commencé  au début du XXème siècle avec des films datant de 1905. Mais c’est en 1944, à la veille de la guerre que le Cinéma est réellement né au Maroc. En effet, à cette époque, il y avait des musiciens marocains qui véhiculaient des messages d’indépendance. Cela inquiétait les colons français, c’est pourquoi la France a décidé de faire du cinéma pour créer des films de fiction et de propagande. Ce n’est qu’en 1956 que des cinéastes, producteurs et réalisateurs marocains sont entrés sur la scène pour réaliser des films. A l’époque ils produisaient essentiellement des films documentaires et cela dura jusque dans les années 60. Puis ils se sont intéressés aux longs métrages et grâce a un esprit d’équipe et de coopération, ils ont pu réussir à produire environ 20 films sans subvention et ceci jusque dans les années 70.
Par la suite, ils se sont organisés pour demander l’aide de l’état et en 1980 il y a eu le premier fond de soutien. Il n’était pas sélectif car tout le monde y avait droit et pendant sept (7) à huit (8) ans tout le monde en a profité avec notamment quelques succès notables.
C’est à partir de 1987 que les professionnels et le CCM ont créé un mécanisme de financement à travers la vente de billet de cinéma. Ce système a permis de créer un fond d’aide qui a permis de recréer le cinéma marocain à la fin des années 90: Il est devenu un cinéma populaire.
A partir de 1997, la fréquentation des salles a baissé à cause du format VHS et de la copie numérique des films. Il a donc fallu trouver de nouveau moyen de financement. Une proposition a été de taxer la consommation d’électricité et d’obtenir un dividende plafonné à 10 euros. Au même moment du vote au parlement en juillet 1996 de cette proposition, une télévision a fait faillite. Le fond a donc été utilisé comme fond de l’audiovisuel. Il représente aujourd’hui 41 millions d’euros et existe depuis 25 ans. 
Récemment, il a été fait le constat (en 2003) que le fisc récupérait la quasi totalité des fonds. Il a donc été décidé de mettre en place un système d’avance sur recette, ce qui permet aux producteurs de fonctionner. En 2009, le pourcentage alloué est de 1 à 6 millions d’euros donc cela a permis de produire plus de films: avec un passage de 7 à 20 films. Les mécanismes et le système ont été remis en cause en 2012 et maintenant les jeunes producteurs, acteurs, cinéastes, réalisateurs viennent pitcher et défendre leur projet pour obtenir des financements pour leur film. 
Le CCM soutien le Cinéma marocain et africain de différentes manières. En effet sur les 6 millions d’euros de subvention, il existe un soutien à la production (pour 2 longs métrages et 1 film documentaire) s’élevant à 2,2 millions d’euros mais il existe aussi un soutien au salle de cinéma pour permettre de les numériser de 800000 euros et enfin un soutien aux festivals de 3 millions d’euros. Ce système de subvention et de promotion est viable car les films marocains sont attractifs sur le marché marocain qui réaliser autant de sortie de films marocains que de films internationaux.
Le CCM a également des fonction plus  administrative notamment sa contribution à l’élaboration des textes de lois sur l’industrie cinématographique, la distribution et l’exploitation, etc.
Au niveau des défis à relever, le CCM recense (i) l’archivage de la mémoire cinématographique du Maroc en rappelant qu’une opération de numérisation des bobines est en cours mais qu’elle est très couteuse en temps, en espace et en matériel; et (ii) la formation des nouvelles génération qui est et doit être une priorité; c’est pourquoi des dispositifs avec des écoles privés supérieures, des formations professionnelles à travers des centres de formations professionnelles, des licences et masters spécialisés existent et forment à tous les métiers du Cinéma.
A l’issue de cette présentation, les débats ont portés essentiellement sur la problématique de la formation des acteurs du cinéma avec une volonté affichée de faire évoluer les choses et d’intégrer la jeunesse dans ce processus de développement économique.
Cet atelier était très intéressant. Ma seule déception et de ne pas avoir pu assister, faute de temps, au thème qui m’intéressait tout particulièrement, à savoir : Le rôle du journaliste culturel dans l’action cinématographique. 

En effet, il y a un manque de plateformes et de supports de promotion de l’action cinématographique et plus largement des arts; et surtout, il y a très peu de journalistes passionnés par les arts et la culture et spécialisés dans ce cas dans le Cinéma. Je resterais donc sur ma faim !

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