Exposition ‘Projections’ de Yeanzi jusqu’au 13 mai à la Galerie Cécile Fakhoury

Après Persona en 2015, la galerie Cécile Fakhoury présente la seconde exposition personnelle de l’artiste ivoirien Yéanzi intitulée « Projections » jusqu’au 13 Mai 2017 à Abidjan (Côte d’Ivoire). Cette exposition positionne la question identitaire au centre de la réflexion. 

Exposition ‘Projections’ de Yeanzi jusuq’au 13 mai à la Galerie Cécile Fakhoury

‘Projections’ identitaires dans la société-monde

La Galerie Cécile Fahkoury présentait en 2015 ‘Persona’ une exposition de Yeanzi qui s’intéressait à l’unicité individuelle des individus à la double identité qui étaient issus d’un réseau social proche ou extérieur de l’artiste. Avec ‘Projections’, Yeanzi s’intéresse à l’unicité collective des individus de la société-monde.

En effet, avec ‘Projections’, il présente le plus gros questionnement identitaire pour une personne qui vit au 21ème siècle, dans un environnement métissé à savoir : qui suis je réellement? Qui sommes nous réellement dans ce monde en constant mouvement? 
En partant du tait que notre identité a été numérisée, normée et matérialisée par des mots, des chiffres, des photos d’identité, des pièces d’identité (pièces nationale d’identité, passeport…), des cartes de groupe sanguin… nous réalisons que tout est fait pour définir notre identité par rapport à un socle de base et ceci en dépit du fait que nous serons toujours en quête d’une identité tout au long de notre vie. C’est de cette quête identitaire dont il est question dans cette exposition.

Pour résumer, nous sommes amener à nous interroger sur notre existence entant qu’individu dans la société-monde. Une société qui n’a aujourd’hui plus de frontières ni de limites grâce ou à cause de l’évolution des nouvelles technologies de communication et de l’expansion de l’internet et du digital. On arrive donc à la question de l’envie et/ou du rêve d’une identité supérieure à sa propre identité.

Exposition ‘Projections’ de Yeanzi jusuq’au 13 mai à la
Galerie Cécile Fakhoury

C’est ce que Yeanzi a ainsi traduit dans onze (11) toiles et deux (2) installations.

Les toiles sont issues d’une seule et même série intitulée Les pétroliers qui présente un groupe aux multiples facettes. Un groupe qui porte des noms rattachés à des personnalités comme pour s’identifier à ces personnalités locales et où pour se découvrir un autre moi.

L’installation Exit  permet de voir en trame de fond des cartes d’identité de différents pays portant le nom de Yeanzi Lanin Saint Etienne. Ici l’artiste emprunte les identités de gens (chaque tuyau est un individu) qui lui sont proches, qui le touchent culturellement en vue de mettre en exergue cette appartenance identitaire à choix multiple. Pour Lui rien n’est figé, rien n’est absolu, les identités étant multiples.

On pourrait donc conclure que l’homme du 21ème siècle selon Yeanzi est un homme polychrome : un subtile mélange de toutes les couleurs du Monde puisque l’on migre d’un endroit à un autre, d’une influence à une autre, d’une idéologie à une autre, d’une culture a une autre… pour en retirer l’essence qui nous permettra d’atteindre un bien être intérieur.  

Dans la deuxième installation, nous sommes invités dans une chambre noire où des faisceaux de lumières laissent apparaître des visages qui sont autant d’identités. Je trouve cette installation très interessante car elle me rappelle le processus de révélation des photos dans la chambre noire. Que révèle-t-on? Et comment le révèle-t-on? Est ce que c’est un visage? Une identité? Une culture?
Yeanzi en se mettant au centre des choses, à fait son introspection, des autoportraits en se rappelant qu’il a été soumis, positivement et/ou négativement, au conditionnement des sociétés auxquelles il s’est exposé.

Il se positionne ainsi comme un artiste contemporain, citoyen du monde qui a construit, et continu de construire, son parcours au gré de ses rencontres.
Nous devons donc retenir qu’il est essentiel de se mettre au centre des choses pour trouver notre place et notre équilibre au sein de la société car l’identité ne se fait pas seule.

Exposition ‘Projections’ de Yeanzi jusuq’au 13 mai à la
Galerie Cécile Fakhoury

La question de la projection

On constate une évolution dans la technique de l’artiste avec l’usage des films d’impressions issus d’une base d’images liée à l’artiste en remplacement des coupures de presse.

Il emploie également un transfert artisanal pour superposer ses éléments et ses couleurs sont savamment choisies pour un subtil équilibre. Par ailleurs, l’accident existe. Il est permis comme pour montrer cette spontanéité liée la captation d’un fragment, d’un morceau d’identité.

Les identités représentés sur les toiles le sont à travers du pointillisme.  Ainsi, chaque point pourrait matérialiser une projection identitaire. On retrouve d’ailleurs ces points dans l’installation Exit mais cette fois-ci, ils sont en trois (3) dimensions. Ce sont des tuyaux, grands, petits, courts, longs comme autant de projections identitaires.

Enfin, l’installation dans la chambre noire représente autant de projections pour matérialiser le dédoublement et /ou la perception de l’identité.

En conclusion, cette exposition mérite le détour car elle positionne l’individu au centre d’une quête identitaire dans un monde en constant mouvement où les codes sont sans cesse remis en cause. 

Vous avez donc jusqu’au 13 mai 2017 pour vous rendre à la Galerie Cécile Fahkoury pour apprécier cette exposition.

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