Henri Duparc, le père de la comédie africaine

Si je dis «Bal Poussière», «Demi Dieu», «Pagneuse» ou encore «Robeuse», il ne fait aucun doute que plusieurs générations d’ivoiriens et plus largement d’africains sauront de quoi il s’agit !
Bal Poussière est un film ivoirien de 1988 réalisé par Henri Duparc. Ce film est considéré comme le film emblématique du réalisateur et marque en quelque sorte la naissance d’un genre nouveau, celui de la « comédie à l’africaine ».

Cet article vient donc comme un hommage au cinéaste et réalisateur Henri Duparc dont le 10ème anniversaire de la disparition sera célébré le 18 avril 2016 avec la cérémonie d’ouverture du Festival «AFIBA – Abidjan fait son cinéma» qui se tiendra à Abidjan du 18 au 23 Avril 2016.

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Henri Duparc

Né le 23 décembre 1941 en Guinée, Henri Duparc suivit une formation à l’Institut de la Cinématographie de Belgrade en 1962, puis de 1964 à 1966, il continua ses études à l’Institut des Hautes Etudes Cinématographiques de Paris. C’est en 1967 qu’il s’installa en Côte d’Ivoire qui deviendra sa patrie d’adoption. Il y travaille en qualité de réalisateur pour un organisme du gouvernement ivoirien, la Société Ivoirienne de Cinéma (SIC) et réalise son premier moyen métrage en octobre 1969 : Mouna ou le rêve d’un artiste. Un film qui fera l’ouverture de la 2ème édition de la «Semaine du cinéma africain de Ouagadougou» qui deviendra plus tard le Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou dit FESPACO.
En 1972, il réalisera le film Abusuan pour lequel il sera primé en 1973 du Prix de l’OCAM-FESPACO à Ouagadougou.

En 1983, après la dissolution de la SIC, il crée sa propre structure dénommée FOCALE 13 qui se consacre d’abord à la production de films institutionnels puis, à partir de 1986, à la grande production avec notamment la réalisation, sur fonds propres, du feuilleton pour enfant Aya. C’est le succès de cette série qui va lui permettre en 1988 de financer, toujours sur fond propre, la comédie Bal Poussière dont le scénario a été écrit par un étudiant de l’IDHEC.

Cette comédie remportera un franc succès et reçu de nombreux prix dont :

  • Prix de la meilleure réalisation– Festival du film de FORT DE France (Martinique) – 1988
  • Grand Prix Festival du Film d’Humour de CHAMROUSSE (France) – 1989
  • Prix de la Critique Festival du Film d’Humour de CHAMROUSSE (France) – 1989
  • Prix de la Critique Festival du Film Francophone de NAMUR (Belgique) 1989

Le film Le sixième doigt est également une de ses productions qui attira l’attention de producteur français. Il fut réalisé en 1990 avec les acteurs Jean Carmet et Patrcik Chesnay et il obtient le Prix spécial du Jury Festival du film Francophone de NAMUR (Belgique) en 1990.

Par la suite, il réalisera le film Rue Princesse en 1993. Ce prix eu un succès fou à Abidjan à tel point que la rue la plus chaude de la ville a été rebaptisée «Rue Princesse». Ce film reçu en 1996 le Grand Prix du Festival International du film Bari (Italie).

Nous pouvons ajouter encore d’autres films à succès tel que Une Couleur Café qui a été sa première coproduction avec le Centre Cinématographique Marocain. Ce film fut primé lors de trois festivals:

  • Mention spéciale du Jury et Prix du Public– Festival VUES D’AFRIQUE – Montréal (Canada) 1998
  • Prix d’Interprétation masculine– Festival BALAFON de Bari (Italie) 1998
  • Audience Award–THE PAN AFRICAN FILM AND ART FESTIVAL Los Angeles (USA) – 1999

Il continua à faire des films documentaires avec notamment Laurent Gbagbo : la Force d’un destin qui raconte la vie de Laurent Gbagbo et son parcours d’opposant politique avant son ascension au poste de Président de la République de Côte d’Ivoire. De 2001 à 2003, il réalisera des documentaires et séries dont Les aventures de Moussa le Taximan, produit par le Ministère Français de la Santé et le producteur délégué Partenaire Production.
Et en 2004, il présente un nouveau projet de film de long métrage : Caramel. Ce film sera présenté en 2005 au public abidjanais et enregistrera 32510 entrées dans une seule salle de cinéma de la capitale économique ivoirienne. Caramel est, donc après Bal Poussière, le deuxième film à succès de Henri Duparc.

Le dernier projet qu’il entreprit, dès fin 2004, est celui de l’adaptation et la réalisation d’un film tiré de la pièce La puce à l’oreille de Feydeau rebaptisée La puce africaine. Ce film ne sera pas finalisé car il décède à Paris le 18 Avril 2006.

Source : Site officiel de Henri Duparc

 

Son œuvre

Henri Duparc a à son actif :

  • 7 longs métrages : Abusuan, L’herbe sauvage, Bal Poussière, Le sixième doigt, Couleur Café, Rue Princesse et Caramel.
  • 7 courts métrages : Aya, Joli cœur, Droites et devoirs, Les aventures de Moussa le Taximan, Je m’appelle Fargass et Les nouvelles aventures de Moussa le Taximan.
  • De nombreux documentaires dont : Nous avons tous gagné, Des banques pour l’informel, Laurent Gbagbo, la force d’un destin et La rue n’a pas fait d’enfants.

Extrait de Le sixième doigt

Mon coup de cœur : Bal Poussière
Synopsis : Riche cultivateur d’ananas dans un village ivoirien, Alcaly dit « Demi-dieu » mène une vie paisible auprès de ses cinq femmes ; jusqu’au jour où il fait la connaissance de Binta, une étudiante rebelle, renvoyée au village par sa tante qui estime que la ville lui a fait perdre la tête. Obsédé par sa jeunesse et sa beauté, il n’a plus qu’un seul objectif ; faire d’elle sa sixième épouse: « Je suis Demi-dieu, et je vais t’épouser » lui dit- il sur le ton du défi.
Il réunit immédiatement ses femmes pour leur faire part de sa décision, sans qu’elles n’aient vraiment leur mot à dire « une pour chaque jour et le dimanche pour la plus méritante ». Binta refuse fermement cette union, que ses parents approuvent, poussés par la montagne de présents faite par leur futur gendre. Elle finit par accepter mais à certaines conditions, qui vont très vite mettre la concession familiale sens dessus dessous.

Mon ressenti : Ce film est un film culte qui réuni toutes les générations en Côte d’Ivoire. Il est intemporel car il traite de sujet qui sont pour le moins actuel tel que l’éducation scolaire, le mariage forcé et précoce, la polygamie et la lutte entre le mode de vie traditionnel et moderne. Il permet aussi d’avoir un retour historique sur cette belle époque car il faut le rappeler ce film à aujourd’hui 28 ans. Il a aussi permis de révéler des acteurs tels que Bakary Bamba, Tchelley Hanny, Naki Sy Savane, Anne Kacou, Thérèse Taba, Natou Koly, Odyle Diarra et Bertin Kouakou pour ne citer que ceux là.

 

 

 

Le festival « AFIBA – ABIDJAN FAIT SON CINEMA » se tiendra à Abidjan du 18 au 23 avril 2016 à l’occasion du 10ème anniversaire de la disparition du cinéaste et réalisateur Henri Duparc.

Cet événement organisé par la Fondation Henri Duparc en partenariat avec TV5 Monde sera placé sous le Parrainage du Ministre de la Culture et de la Francophonie de la République de Côte d’Ivoire.

 

Ce Festival du Cinéma d’Afrique en hommage à Henri Duparc se veut être une occasion de parler de ses œuvres au cours de conférences, débats et ateliers de formation. Il est également prévu des projections gratuites de ses œuvres dans différents lieux tels que la Place Figayo de Yopougon, la Place Inch’allah de Koumassi et l’Institut Français du Plateau.

Ci-dessous le programme détaillé, qui à son regard permet de mettre en avant les objectifs recherchés par la Fondation Henri Duparc, à travers cet événement, qui sont :

  • Faire découvrir les Cinémas d’Afrique ;
  • Présenter au Grand Public les films de l’espace francophone primés en 2015 dans les manifestations et festivals qui leur sont dédiés ;
  • Initier un espace de rencontres et d’échanges entre les professionnels du secteur et le grand public ;
  • Ouvrir et renforcer l’image culturelle de la Côte d’Ivoire et par voie de conséquence de l’Afrique ;
  • Encourager le développement de l’utilisation des outils des nouvelles technologiques ;
  • Offrir des formations et promouvoir la création artistique au travers d’un renforcement des capacités techniques professionnelles ;

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Je vous invite donc à vous inscrire dès maintenant pour participer au Festival «AFIBA – ABIDJAN FAIT SON CINEMA».

Toutes les photos de cet article ont été récupérées sur la page Facebook officielle de AFIBA

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