L’extrême gauche française est la plus grande menace pour l’euro

Le ministre grec des Finances en blouson de cuir avec des projets de restauration de la monnaie nationale. Le professeur allemand Hawkish est armé d’une action en justice sur la souveraineté monétaire. Les économistes italiens envisagent une monnaie parallèle. L’euro a fait face à de nombreuses menaces au cours de ses deux premières décennies souvent mouvementées. Pourtant, le vrai apparaît maintenant en France – Jean-Luc Mélenchon, le chef des instigateurs qui ont uni la gauche française.

Alors que des élections législatives sont prévues dimanche, avec un second tour une semaine plus tard, l’alliance Mélenchon monte en puissance dans les enquêtes d’opinion. Reste à savoir s’il pourra en faire assez pour éliminer la majorité centriste d’Emmanuel Macron. Mais gardez à l’esprit que les quatre fois où la gauche française s’est unie au cours du XXe siècle ont toujours remporté le pouvoir.

Avec un programme radical visant à augmenter massivement les dépenses de l’État dans l’un des pays les plus endettés du monde, à abolir les règles de déficit qui freinaient la monnaie et à se libérer des contraintes de Bruxelles, l’anti-UE et anti-euro Mélenchon va déchirer .monnaie distincte – s’il devient PM.

Lorsque Macron a été confortablement réélu président pour un deuxième mandat de cinq ans le mois dernier, battant l’extrême droite Marine Le Pen, de nombreux investisseurs pensaient que la politique française pouvait être oubliée en toute sécurité. Mais les élections présidentielles ont été rapidement suivies d’élections législatives.

Et si la dernière fois l’alliance centriste de Macron a remporté une majorité confortable, cette fois c’est loin d’être certain. Jean-Luc Mélenchon, chef du parti France Insoumise, a bien performé à l’élection présidentielle, n’échouant qu’à se qualifier pour le second tour et faisant encore mieux lors de la compétition parlementaire.

Plus particulièrement, il a réussi à unir la gauche, unissant son propre parti avec des partis socialistes, communistes, verts et plusieurs petits partis anticapitalistes pour former « Nupes ». L’Alliance monte dans les sondages et semble prête à faire du second tour une compétition très serrée.

Un sondage réalisé par Ifop-Fiducial la semaine dernière prévoyait que Macron ne parviendrait pas à obtenir une majorité globale. Et si cela se produisait, Mélenchon pourrait finir premier ministre.

L’histoire montre que les chances sont plus grandes. La gauche française s’est unie quatre fois au cours des cent dernières années, dans les années 1920, 1930, 1970 et 1990. À chaque fois, il a finalement gagné au moins une tranche de pouvoir, le plus récemment avec l’élection de François Mitterrand en 1981 et le mandat de Lionel Jospin au poste de Premier ministre de 1997 à 2002, lorsqu’il a introduit la semaine de 35 heures.

De plus, les deux derniers présidents à remporter un second mandat connaissent des périodes de cohabitation avec des Premiers ministres d’autres partis : Mitterrand avec Chirac, et Chirac avec Jospin. Dans la politique française, il n’est pas rare que Macron soit contraint de partager le pouvoir avec des Premiers ministres de différentes parties du spectre politique. Cela s’est produit plusieurs fois dans le passé.

À son crédit, alors que Macron n’a pas vraiment révolutionné l’économie française et qu’il accuse un énorme déficit, il a également réduit le chômage, encouragé les investissements étrangers et, surtout, reste déterminé à faire fonctionner la monnaie unique.

Lancelot Bonnay

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