No Border : Pas de limite pour l’expression artistique – à la LouiSimone Guirandou Gallery jusqu’au 1er juillet 2017

Après l’Exposition Babitopie qui s’est tenue du 8 décembre 2016 au 28 janvier 2017, la LouiSimone Guirandou Gallery, en réunissant deux artistes, l’un ivoirien et l’autre libérien, nous invite à travers l’Exposition  » No Border  » à aborder à nouveau la notion d’art comme créateur de ponts entre les artistes. Découvrons donc cette exposition qui nous rappelle qu’il n’y a pas de limite pour l’expression artistique. 

Expo ‘ No Border ‘ jusqu’au 1er juillet à la LouiSimone Guirandou Gallery

No Border, No limit

No Border, la question de la mobilité

Expo ‘ No Border ‘ jusqu’au 1er juillet à la LouiSimone Guirandou Gallery

No Border (Sans frontières) est une exposition qui nous interroge sur la question de la mobilité des idées, des visions et des hommes dans une environnement appelé : le Monde. En effet, la mondialisation a crée des ponts mais en a aussi détruit; elle a ouvert des perspectives mais a également brisé des espoirs mais elle a, par dessus tout, redéfini la position de l’homme dans ce contexte mondial. C’est donc à travers le prisme de leurs histoires personnelles à la fois différentes et similaires que les artistes Leslie Lumeh et Méné nous invite à leur manière à découvrir ou re-découvrir les notions de partage, de reconnaissance et de vie collective propres à l’épanouissement de l’homme et nécessaire pour la survie de l’humanité.   

Cette exposition se déroule du 5 mai au 1er juillet 2017 à la LouiSimone Guirandou Gallery dont le site internet est accessible ICI

No Border, Sans Frontière

Leslie Lumeh et Méné ont matérialisés le fruits de leurs réflexions à travers la réalisation d’une installation.
On y voit la représentation d’une route où figure une ligne jaune : la matérialisation de la frontière.
Des chaussures disposés sur cette route, nous laisse présumer la présence d’hommes et de femmes qui circulent sur cette route; tout comme celle des pneus qui suggère la circulation des véhicules. Au dessus de nous, il y a des oiseaux en papier qui planent. On comprend ici, que la circulation des individus est régie par un code tandis que celles des animaux sauvages est régie par le code de la liberté.

 » Les voyageurs, les oiseaux vont partout et n’ont pas de frontières. Ils peuvent quitter le Burkina Faso et se retrouver en Europe. C’est l’image que l’on veut montrer. Et par la route, vous voyez l’installation avec les pneus et les cordes qui lient les pneus entre eux; et les chaussures, ce sont les pas des hommes qui marchent, qui traversent les frontières. Aujourd’hui on parle de clandestins, nous voyons nos frères qui meurent à Lampedusa en cherchant à traverser ces frontières… mais pourquoi ces barrières ? » Méné

 

Qu’est-ce-donc la libre circulation des hommes? C’est à cette problématique que l’oeuvre répond. Les artistes expriment ici le souhait de voir les hommes se déplacer quelque soit leurs origines, leurs cultures et leurs idées. 

Deux artistes plasticiens aux styles différents mais à la vision commune

 

No Border dans le regard de Leslie Lumeh

J’ai découvert le travail de Leslie Lumeh lors de l’Exposition Lumières d’Afriques qui s’est tenue du 27 avril au 6 juin du 2016 à la Fondation Donwahi à Abidjan (CIV).

Pour No Border, Leslie Lumeh nous a invité à redécouvrir le mode de vie des africains. En effet, il a indiqué :

 J’espère traduire l’esprit et le mode de vie des africains à travers mon travail. Leur style de vie, le mode de vie des africains, les choses auxquelles ils aspirent, les choses qu’ils font. Ma source d’inspiration provient du lieu où je vis, de mes souvenirs. J’ai vécu en Côte d’Ivoire, plusieurs années, précisément pendant 8 ans, et j’ai gardé des souvenirs de la Côte d’Ivoire qui sont parfois similaires en certains point à ceux du Libéria comme la végétation, les paysages, l’architecture et les habitants. Parfois les messages sont différents mais le mode de vie est similaire…. Donc je prend mon inspiration auprès des africains, leur façon de vivre, leur façon de conduire et de comprendre la vie.

Il a également rappelé sa joie, en qualité d’enfant du pays, d’être présenté à la Galerie LouiSimone Guirandou.

 C’est un honneur pour moi d’avoir été invité à cette exposition et surtout par Mme Guirandou. Je n’imaginais pas pouvoir exposer un jour dans cette prestigieuse galerie… c’est un honneur et je suis heureux de participer à l’exposition No Border par ce que  je suis libérien et que mon collègue Méné est ivoirien. C’est donc un honneur d’échanger et de réaliser une oeuvre d’art commune qui traduit nos différences et nos similitudes et qui montre qu’il n’y a pas de frontières à nos expressions artistiques.

Enfin, il a rappelé que la scène artistique ivoirienne est une scène sans frontière, une scène « No Border » puisque selon ses dires:

Je pense que la scène artistique de Côte d’Ivoire est très bonne, très développée et ouverte à différents types d’arts en provenance de tous les horizons, même s’il reste des choses à encore améliorer.

On comprend donc à travers cet échange avec Leslie Lumeh, que la question de l’identité des peuples, ici africains, est nécessaire à la compréhension de la problématique de la circulation des hommes dans un environnement où les peuples semblent différents alors qu’ils partagent de nombreux points communs.

BIOGRAPHIE : Leslie Lumeh est né en 1970 à Dambala, Grand Cape Mount Country, dans l’ouest de la Libéria. Il vit et travaille à Monrovia. Après l’obtention d’un diplôme d’architecture au Booker Washington Institute (BWI) de Kakata, Leslie Lumeh s’oriente vers la création artistique et développe un savoir-faire d’illustrateur et de réalisateur de bandes dessinées en travaillant depuis 2005 pour The Daily Observer, le plus ancien journal indépendant du Libéria.
Après le retour de son exil en Côte d’Ivoire de 1997 à 2005, Leslie Lumeh crée la galerie Art of the Heart . On est en 1995 et c'est la première galerie voyant le jour depuis la fin de la guerre civile. Il fonde également la première école d’arts plastiques de Monrovia, LiVArts, et préside une organisation dédiée à la promotion de l’art au Liberia intitulée Liberia Association Inc. (LAA),

Autodidacte, Leslie Lumeh travaille diverses techniques avec des matières diverses et variées: la peinture à l’huile, la peinture à l’acrylique en incluant le fusain, l’aquarelle ou la gouache. Sa technique de prédilection est la peinture. Il nous propose donc, à travers ses œuvres figuratives, une vision réaliste des paysages et de l’environnement urbain dans lequel il vit. 

Leslie Lumeh commence à exposer son travail dès 1993, puis est sélectionné en 2008 pour participer à l’exposition Africa Now !, initiée par la Banque Mondiale à Washington DC, aux Etats-Unis. En 2014, il expose également à la résidence de l’ambassadeur Français à Monrovia. En 2016, il est sélectionné pour représenter son pays à la prestigieuse exposition itinérante Lumières d'Afriques. Aujourd'hui, trois de ses oeuvres figurent dans la collection " Art in Embases" qui est le fruit d'un partenariat public-privé américain pour la promotion la diplomatie culturelle. Il a déjà été exposé au Libéria, en Côte d'Ivoire, aux Etats Unis, au Gabon et en Afrique du Sud.

No Border dans le regard de Méné

Méné à travers l’exposition No Border nous rappelle que l’être humain est imparfait et par continuité que l’humanité est imparfaite.

Mon travail est au départ inspiré de l’art rupestre qui est l’art des grottes, les hommes préhistoriques travaillaient dans les grottes. Et j’aimé cet art quand j’étais aux beaux arts. J’ai aimé l’innocence et l’expressivité et cela m’a poussé à travailler sur cet art. J’ai donc soutenu en quatrième année sur l’art préhistorique et j’ai continu à développer et exploiter cet élément dans mon travail. Les personnages n’ont parfois pas d’oreilles, quand les personnages n’ont parfois pas les deux yeux, je montre donc l’imperfection de l’être. On est toujours en quête de perfection et en quête de soit.

Par la suite, il nous explique que cette exposition repousse les frontières techniques de l’expression artistique. En effet, il nous rappelle qu’aujourd’hui l’art contemporain n’est plus formaté comme il l’a pu l’être dans les siècles passés où un seul courant dominait pendant une période précise. Aujourd’hui, tout est possible tant dans la technique tant dans les supports, les substances que dans l’essence de l’oeuvre d’art.

L’exposition, c’est No Border par ce que c’est deux écritures qui se croissent et qui n’ont pas  de frontières. On montre que l’art n’a pas de limites  notamment au niveau technique.  Vous voyez aujourd’hui que l’art contemporain est ouvert. Moi, aujourd’hui, je travaille sur des bâches que je récupère. Ce sont des choses que l’on ne faisait pas avant. Maintenant on ose… on va au delà de ces frontières. Et avec Leslie qui fait du figuratif, ce sont deux techniques opposées mais qui, en même temps, n’empêchent pas que l’on soit ensemble. Nous avons fait une installation, nous avons travaillé ensemble, c’était conviviale.

Enfin, il nous a partagé sa joie personnelle d’avoir réalisé en quelque sorte un rêve de jeunesse : exposer dans la Galerie LouiSimone Guirandou.

La Galerie SimoneGuirandou…. c’est un peu un rêve. J’ai connu la Galerie quand elle était Arts Pluriels…. on était tout petit. On était au lycée et on venait aux vernissages…. on regardait…. on rêvait quoi… et aujourd’hui se retrouver là ! Ca fait bizarre… ça fait chaud au coeur….. Je dirais que c’est un rêve qui prend forme.

BIOGRAPHIE : Méné est né à Abidjan en Côte d’Ivoire en 1977 et est diplômé en 2002 de l’Ecole Nationale des Beaux-Arts d’Abidjan(ENBA) et du Centre de Formation Pédagogique pour les Arts et la Culture (CFPAC). C'est un artiste plasticien influencé par la peinture rupestre qui a fait de cette écriture ancienne son mode d’expression. Il puise dans le passé pour mieux comprendre son présent. Son travail se veut la continuité d’une civilisation ancienne enrichie par le modernisme.

Depuis 2001, il est exposé en Côte d'Ivoire, en France et en Espagne et a réussi à se construire une communauté de passionnées qui suivent son travail. 

L'autre particularité de son travail c'est le choix des matières que l'artiste utilise comme supports et aussi comme substance colorante. On peut citer : la terre, le kaolin, le sable, le jus d'écorce... C'est donc un travail riche en couleur et expression que Méné nous présente. 

Actuellement, il vit et travaille en Côte d'Ivoire.

Leslie Lumeh et Méné à travers leur vision commune nous présentent plusieurs facettes de l’exposition No Border, que ce soit l’unité des peuples, la libre circulation des hommes, la conquête du monde… En définitive on arrive à la conclusion que l’expression artistique est un même langage universel et ne connait pas les frontières. No Border nous rappelle donc que l’Art fait table rase de toutes nos différences et nous résume à notre simple expression d’être humain.

A lire : 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s