Exposition Signes de Pouvoir de Charly d’Almédia à la LouiSimone Guirandou Gallery dès le 2 mars 2017

Pour la première fois, l’artiste plasticien béninois Charly d’Almédia réalise une exposition individuelle en Côte d’Ivoire. C’est aussi la première fois qu’il présente son nouveau travail intitulé « Les signes du pouvoir ». Une exposition qui se tiendra du 2 mars au 24 avril 2017 à la LouiSimone Guirandou Gallery. Continuez la lecture pour tout savoir en prélude du vernissage.

Exposition Signes de Pouvoir de Charly d'Almédia à la LouiSimone Guirandou Gallery dès le 2 mars 2017
Exposition Signes de Pouvoir de Charly d’Almédia à la LouiSimone Guirandou Gallery dès le 2 mars 2017

Exposition « Les Signes du Pouvoir » de Charly d’Almédia

Une exposition qui prend ses sources dans les rites et cultures béninois

L’exposition « Les Signes de Pouvoir » est une exposition qui allie les deux médiums de prédilection de Charly d’Almédia que sont la peinture et la sculpture.

Pour bien comprendre cette exposition et plus particulièrement le travail de l’artiste, il est important de se replonger dans son histoire personnelle et le lien fort que Charly d’Almédia entretient avec son passé et ses traditions. En effet, originaire du Bénin, Charly d’Almédia a baigné dans un environnement où la religion est omniprésente, notamment la religion Vaudou. Une religion d’ordre cosmique issue des cultes animistes africains et qui est toujours largement répandue au Bénin et au Togo comme dans le célèbre marché aux fétiches de Lomé. Le vaudou peut ainsi être décrit comme une culture, un héritage, une philosophie, un art, des danses, un langage, un art de la médecine, un style de musique, une justice, un pouvoir, une tradition orale et des rites qui régissent la société. Je tiens à préciser que le volet sorcellerie est une dénomination plus récente associée, à tord ou à raison, à cette religion au moment de l’évangélisation de ces peuples par les colons.

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Une ascension progressive de la peinture vers la sculpture

Au départ Charly d’Almédia travaillait essentiellement la peinture. Il réalisait et réalise toujours des toiles avec des couleurs franches et omniprésentes telles que le bleu, le noir, le rouge, le blanc et parfois le vert.
Il y ajoute des matériaux de récupération comme des cordes, des bouts de plastiques, des bouts carrés, qui semblent être en cuir, qui représentent des personnages se mouvant dans l’univers et un élément qui accroche l’œil par sa couleur vive, unique et tranchée : un point qui symbolise un œuf, pour la vie.
Pour Charly d’Almédia, tout ce qui est être naturel ou végétal part d’un œuf, d’un embryon qui se développe au fur et à mesure. Nous sommes donc dans une processus, une réalité que l’on ne voit pas et que l’on ne peut que mieux comprendre que lorsque l’on murit.

C’est donc au bout de 5 à 6 ans de travail, que l’artiste aimant la sensation du toucher s’est lentement orienté vers la sculpture pour donner à son œuvre une dimension nouvelle.
La sculpture a donc tout naturellement été chercher sa source dans la peinture. Les rondeurs sont revenues, elles occupent pleinement les trois dimensions.
Les couleurs sont revenues aussi. On retrouve le rouge, le noir, le bleu…

Charly d’Almédia explique qu’au début, il superposait les éléments et des formes, des signes et des symboles apparaissaient naturellement.

C’était au départ un mélange de dialogues, de visages avec des expressions différentes au niveau des bouches, du regard… et il se mit à découvrir ces signes, ces chiffres, ces formes et ces symboles… On se replonge avec lui dans l’histoire du Dahomey où les regards, les gestes, les postures, les symboles et les attitudes étaient des éléments de langages et de dialogues.

Mais allons encore plus loin. Charly d’Almédia, en tant qu’artiste avant-gardiste, exploite d’abord le bois puis le fer, un matériaux noble d’autant plus que le fer revêt un caractère fort et protecteur dans la tradition béninoise. En effet, il caractérise la subsistance, la résistance et la protection de l’artisan. Le fer protège car il est protégé par la divinité Ogou, le Dieu de la guerre. Il est aussi exploité pour la réalisation des autels portatifs en métal appelés Asin qui sont une matérialisation de la vie après la mort dans la culture dahoméenne.

Il fallait donc maîtriser les signes, le langage corporelle et le langage non verbale pour communiquer et comprendre les messages, notamment ceux ayant un caractère subliminal. On était dans un Monde de signes. Et fort est de constater que nous sommes toujours dans un Monde de signes.

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Ce sont ces signes qui nous amènent au pouvoir car si on les décrypte,  on détient une parcelle de pouvoir dans la communauté et plus largement dans la société où l’on évolue.
Cette exposition est donc un regard sur « Les signes de pouvoir » liés à la société. Et elle porte tout son sens lorsque l’on connait l’histoire du Royaume du Dahomey où les rois voulaient le pouvoir dans tout le sens qui lui était attribué notamment à travers la première loi de Hwebadja qui était de « faire que le royaume soit toujours lus grand ».

On se projette donc sur notre société moderne où les leaders veulent rester à leur position à vie; où nos problèmes sont finalement toujours basés sur une recherche de pouvoir où une lutte pour la conservation d’une relation conférant un certain pouvoir sur autrui ou quelque chose.

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Exposition Signes de Pouvoir de Charly d'Almédia à la LouiSimone Guirandou Gallery dès le 2 mars 2017
Exposition Signes de Pouvoir de Charly d’Almédia à la LouiSimone Guirandou Gallery dès le 2 mars 2017

Charly d’Almédia en quelques mots

Échanges et anecdotes sur l’exposition

Charly d’Almédia m’a expliqué que la première fois qu’il est venu en Côte d’Ivoire, c’était pour participer à la célébration du 20ème anniversaire de la BRVM qui a été créée le 18 décembre 1996 lors de l’Assemblée Générale Constitutive à Cotonou au Bénin. C’est donc sous le signe du Bénin que les festivités se sont tenues avec comme invité d’honneur SEM Patrick Talon, actuel Président de la République du Bénin. Il y présenta une partie de ses œuvres.

Il s’est donc appuyé sur un ami qui lui a présenté les différents cadres de travail les plus appropriés pour proposer ses créations. C’est donc tout naturellement qu’il a été orienté vers Mme Guirandou qu’il défini comme une personne très dynamique, passionnée et au service de l’art. La LouiSimone Guirandou Gallery accueillera donc la première exposition de Charly d’Almédia en Côte d’Ivoire intitulée « Les Signes de Pouvoir ».

A propos de l’exposition il indique :

Je dirais que l’homme est dans un univers qu’il ne maîtrise pas et on doit être à la quête de la maîtrise de cet univers. Nous devons essayer de le percevoir dans le bon sens et c’est ce qui fera l’équilibre de l’être humain. »
« Aujourd’hui, l’art est universel. On communique avec le monde entier et on utilise les matériaux et les couleurs qui parlent à tout les individus quelque soit leur religion, leur pays et leurs origines. Mon art doit être perçu par le monde entier car je suis à la recherche de cette communication.

Biographie

Exposition Signes de Pouvoir de Charly d'Almédia à la LouiSimone Guirandou Gallery dès le 2 mars 2017

Né en 1968, à Cotonou (Bénin) et après quatre années passées dans l’atelier d’arts appliqués de Joseph Kpobly (1990-1994), Charly d’Almédia, artiste plasticien, a pris le parti de parler de sa culture et de ses croyances ancestrales dans son travail. Une façon à lui de garder son équilibre intérieur. Il expose ses toiles depuis le début des années 90. Plus tard, sa rencontre avec Willy Bester le convint de se convertir à la sculpture « je recherchais une autre force pour décrire mes sentiments, une écriture plus physique, plus charnelle » (…) » dit-il.

Après un long séjour en France, il rentre au pays natal et installe son atelier à Cotonou où il vit et travaille désormais. Ses œuvres sont une invitation à un voyage imaginaire à travers l’Afrique des couleurs et des symboles. Il associe le métal et le bois aux pigments de ses toiles, les métaux aux plastique pour ses sculptures et créé son propre style qui interpelle car il tire ses racines au plus profond des cultes et rites africains.

 

 

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