Une société française est impliquée dans la vente de matériel d’espionnage à Haftar. Détails

Journal publié Libération Les journaux français ont rapporté qu’une société française était impliquée dans la vente d’un système de surveillance des communications à l’armée nationale libyenne dirigée par Khalifa Haftar par l’intermédiaire d’une société aux Émirats arabes unis.

Le journal a indiqué, dans son rapport traduit par Arabi21, que les enquêteurs de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité, le génocide et les crimes de guerre avaient découvert cet accord en juin, alors qu’ils enquêtaient sur les avantages d’un autre contrat conclu par la société « Nexa Technology ». .

Le journal rapporte que la société française s’apprête à fournir à des acteurs non étatiques non reconnus par la communauté internationale les derniers équipements de surveillance, ainsi qu’à contourner une interdiction imposée par le Conseil de sécurité de l’ONU en 2011 sur la vente de tels équipements.

Le journal a ajouté que le système « Alpha Max », dont Haftar a fait l’acquisition, lui permet d’écouter tous les appels téléphoniques dans n’importe quelle zone. Les experts appellent cette fonctionnalité la technologie d’interception tactique. Nexa Technology est spécialiste de ce secteur et n’hésite pas à apporter ses services aux systèmes qui ne respectent pas les droits de l’homme.

Mouammar Kadhafi – Nicolas Sarkozy

Basée dans le prestigieux 16e arrondissement de Paris, Nexa Technology a été fondée en 2012 par d’anciens cadres d’Amesys, qui ont fourni au régime Kadhafi un système capable d’intercepter le trafic Internet « dans tout le pays ». Cet accord, mis en place en 2007 dans le cadre du rétablissement des relations franco-libyennes initié par Nicolas Sarkozy, a été révélé au grand jour lors de la chute du régime libyen en 2011. L’accord a fait l’objet de poursuites judiciaires en France pour son « implication » dans des actes de torture en Libye depuis 2012 .

Suite au scandale, Stéphane Salles et Olivier Bohbot, précédemment dirigeants d’Amesys, ont fondé deux nouvelles sociétés, Nexa Technology en France et Middle East Advanced Systems aux Emirats Arabes Unis. Malgré les enquêtes judiciaires, ces entreprises n’ont cessé de traiter avec des régimes dictatoriaux.

Abdel Fattah El-Sissi – François Hollande

Le magazine français « Telerama » a révélé que Nexa Technology avait fourni ses services à l’Egypte en 2014 sous le règne d’Abdel Fattah El-Sissi, un allié gâté de la France sous les règnes de François Hollande et d’Emmanuel Macron. Selon la plaquette commerciale, le système proposé par l’entreprise permet un « suivi en temps réel des suspects ». La technologie est connue sous le nom de ThreePro, la dernière version du logiciel Eagle utilisé en Libye à l’époque de Mouammar Kadhafi.

L’accord a été conclu avec le renseignement militaire égyptien pour 11 millions d’euros. L’Égypte ne traite pas avec Nexa Technology, mais il y a deux autres sociétés qui soutiennent l’Égypte avec des dispositifs de surveillance, les startups Xled et Aircom, notant que le géant Thales Group a acquis les deux sociétés en 2019.

Le tribunal a ouvert une information judiciaire en 2017 sur des allégations d’« implication dans des actes de torture et de disparitions forcées » visant les activités de Nexa Technology en Égypte. En juin 2021, Stéphane Salles, Olivier Bohbot et d’autres dirigeants de Nexa Technology ont été mis en examen. L’enquête a connu des développements rapides ces derniers mois, alors que le siège de l’agence pour la lutte contre les crimes contre l’humanité, le génocide et les crimes de guerre a conclu un nouveau contrat grâce à la reprise de l’enquête.

Une cellule de 12 enquêteurs a été constituée pour travailler sur le dossier libyen sous l’ère Kadhafi et sur le dossier égyptien en avril dernier. Des écoutes téléphoniques des suspects ont été réalisées ainsi que des perquisitions au siège de la société Nexa Technology à Paris, entre autres actions.

Au siège de la société, les enquêteurs ont trouvé « un document contractuel entre la Middle East Advanced Systems Company et le ministère libyen des communications et des technologies de l’information à Benghazi », qui est sous l’autorité du maréchal Haftar. Les interactions téléphoniques montrent Stefan Salles, PDG de Nexa, qu’il essaie de livrer des marchandises à ses clients malgré un embargo du Conseil de sécurité de l’ONU sur les livraisons d’armes. Selon les enquêteurs, les cadres de Nexa se sont retrouvés dans « de nombreux pays ».

Factures payées

Pendant sa détention, Stefan Salles a reconnu sa relation de travail avec le maréchal Haftar. Il a déclaré que l’équipement n’avait pas atteint sa destination à ce moment-là et était coincé dans une zone franche à Dubaï. Un autre dirigeant de Nexa Technology a également confirmé la non-livraison mais a confirmé que la facture avait été payée.

« Ces faits peuvent constituer un crime de complot en vue de commettre des actes de torture ou d’autres actes inhumains », ont déclaré les enquêteurs dans un bref rapport consulté par Libération. Les enquêteurs recommandent également de bloquer immédiatement la livraison et de vérifier si un permis a été délivré. L’encadrement de la vente de ces équipements a été renforcé après l’affaire AMISIS.

Fernand Lefèvre

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