Macron s’est adressé à la France au milieu de la colère suscitée par la réforme des retraites

Le président français Emmanuel Macron est vu sur un écran reflété par un miroir lors d’une allocution nationale télévisée, prononcée depuis l’Elysée, après la signature du projet de loi de réforme des retraites, à Mulhouse, le 17 avril 2023.

Sébastien Bozon | AFP | L’image de Getty

Le président français Emmanuel Macron a déclaré lundi qu’il avait entendu la colère des gens face au relèvement de l’âge de la retraite de 62 à 64 ans, mais a insisté sur le fait que c’était nécessaire.

Dans une allocution télévisée à l’échelle nationale, Macron a déclaré que « ces changements sont nécessaires pour garantir les retraites de tous », après avoir promulgué samedi la loi sur les retraites.

« Travailler progressivement plus génère également plus de richesse pour tout notre pays », a-t-il ajouté.

Macron a reconnu sa colère face à la hausse des prix et des emplois qui « ne permettent pas à trop de Français de bien vivre ».

Le discours de ce soir-là a déclenché une bataille potentiellement difficile pour le président français, qui tente de réparer les dommages causés à son image publique et politique en forçant ses plans de retraite à être adoptés par le parlement le mois dernier.

Avant le discours de Macron, les opposants à la réforme ont appelé les gens à frapper des casseroles et des poêles à travers la France lors de son discours.

Macron, qui a récemment promulgué des modifications des retraites qui ont déclenché des protestations, devrait fournir des détails sur sa politique intérieure dans les mois à venir.

Il a dit qu’il espérait que son discours aiderait le pays à s’éloigner de la période de manifestations et de grèves à l’âge de la retraite qui menaçait les ambitions de ses quatre dernières années au pouvoir.

Les opposants au régime de retraite impopulaire ont appelé les gens à se rassembler devant la mairie pour faire du bruit lors des discours, criant : « Macron ne nous écoutera pas ? Nous ne l’écouterons pas ! »

De tels rassemblements ont été interdits par les autorités des villes de Dijon et de Marseille, la préfecture locale arguant qu’il existe un risque de « trouble public ».

Des manifestants participent à un concert de protestation lors de l’allocution télévisée du président français Emmanuel Macron à la nation, après la signature d’une loi de réforme des retraites, devant la mairie du 10e arrondissement de Paris, à Paris le 17 avril 2023.

Geoffroy Van der Hasselt | Af | L’image de Getty

Plus tôt à Marseille, la police a arrêté 13 personnes après que des compteurs de gaz et d’électricité ont été éparpillés devant un bâtiment gouvernemental lors d’une manifestation syndicale inhabituelle contre les modifications des retraites. Les agents de police ont déclaré qu’il y avait eu une forte explosion lorsque le compteur a été lancé et qu’un officier de service a été touché par des débris volants.

La Première ministre Elisabeth Borne a déclaré samedi que le gouvernement allait aller de l’avant avec davantage de réformes maintenant que la loi sur les retraites avait été promulguée. « Dans les semaines et les mois à venir (…) nous sommes déterminés à accélérer », a-t-il déclaré au conseil national du parti Renaissance de Macron.

Le gouvernement a notamment commencé à travailler sur un projet de loi destiné à améliorer les conditions de travail des salariés et à faire baisser le taux de chômage à environ 5 %, l’un des engagements de Macron. Le taux de chômage en France a récemment atteint 7,2 %, son plus bas niveau depuis 2008.

Faible au parlement, où son alliance centriste a perdu la majorité absolue lors des élections législatives de l’année dernière, le gouvernement Macron devra s’assurer le soutien des législateurs de diverses forces politiques pour faire avancer son programme. Ce sera probablement une tâche ardue dans un climat de protestations frénétiques déclenchées par des modifications de sa pension qui ont perturbé le filet de sécurité sociale chéri de la France.

Borne a déclaré samedi qu’il était « confiant » qu’il était encore « possible » d’adopter le projet de loi au parlement en négociant avec les législateurs de gauche et de droite au cas par cas.

Les syndicats qui ont été à l’avant-garde des manifestations, mobilisant des millions de manifestants au cours des 12 jours de manifestations et de grèves à l’échelle nationale depuis janvier, ont juré de continuer à se battre. Ils ont appelé à une autre manifestation de masse le 1er mai, qui est la Journée internationale du travail.

Les modifications des pensions ont été promulguées samedi, un jour après que l’organe constitutionnel du pays a rejeté certaines parties de la loi mais a accepté un âge minimum de la retraite plus élevé.

Le changement clé – au cœur des plans de Macron et au centre des protestations opposées – est censé être une mesure de la performance du deuxième mandat de Macron. Mais cela a eu un coût pour le président français : les sondages d’opinion montrent que sa popularité est tombée à son plus bas niveau en quatre ans.

Son gouvernement a fait valoir qu’il était nécessaire d’exiger que les gens travaillent encore deux ans avant d’être éligibles à la retraite pour maintenir le système de retraite à flot à mesure que la population vieillit. Au lieu de cela, les opposants ont proposé d’augmenter les impôts des riches ou des employeurs.

Charlotte Baudin

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