Macron cherche le premier Premier ministre français « climat » – EURACTIV.com

Le président réélu Emmanuel Macron va, comme promis, nommer prochainement son nouveau Premier ministre chargé de la « planification écologique », même si avec des élections législatives imminentes, les cartes pourraient bientôt être rebattues. Rapports EURACTIV France.

Dans quelques jours, Macron nommera librement son Premier ministre, conformément à la constitution.

Cette fois, cependant, le nouveau Premier ministre sera en charge de la « planification écologique », a déclaré le président lors d’un rassemblement à Marseille le 16 avril, avant sa réélection dimanche 24 avril. Un ministre de la « planification énergétique » ainsi qu’un ministre chargé de « l’aménagement écologique du territoire » seront également nommés, a-t-il ajouté.

En plus de diriger la politique générale du gouvernement, le Premier ministre sous la houlette de Macron dirigera ainsi la stratégie de transition écologique en l’intégrant dans toutes les réflexions et actions de son ministère. L’objectif est d’aller deux fois plus vite dans la réduction des gaz à effet de serre.

« Comme l’a dit Emmanuel Macron, la politique écologique doit être une ‘politique politique' », a déclaré Thierry Pech, directeur général du think tank Terra Nova, à EURACTIV France.

« C’est-à-dire qu’il doit s’inviter dans toutes les discussions gouvernementales pour s’assurer que chaque décision, chaque loi et bien sûr chaque budget soit conforme à nos engagements climatiques et écologiques », a-t-il ajouté.

Mélenchon et Jadot impossibles

Le candidat radical de gauche Jean-Luc Mélenchon, arrivé troisième avec 22% des voix au premier tour des élections, pourrait être un candidat possible.

Le leader de la gauche radicale qui a attiré les électeurs verts en raison de son programme climatique ambitieux a lancé des appels sur Twitter pour devenir le Premier ministre « élu » lors des élections législatives juste après la victoire de Macron.

« Un autre monde est encore possible avec les élections législatives. Vous pouvez le montrer en votant pour la majorité des députés insoumis et en m’élisant Premier ministre », a-t-il déclaré. tweeté le 25 avril.

Déjà, le 19 avril, sur BFM-TV, Mélenchon déclarait : « Je deviendrai Premier ministre, non pas avec l’aide de M. Macron ou de Mme Le Pen, mais par la France qui a voté pour moi. »

Une telle désignation pourrait même avoir du sens car le programme est jugé « proche » des objectifs de l’Accord de Paris sur le climat, selon le soi-disant levier de vitessesun groupe de volontaires du think tank Shift Project, qui analyse les manifestes du candidat sur les questions énergétiques et climatiques.

Cependant, il semble que Mélenchon ne sera pas sélectionné car les deux hommes sont en désaccord sur les questions européennes.

Mélenchon a clairement indiqué qu’il « entendait désobéir aux accords européens, alors qu’Emmanuel Macron respecte scrupuleusement les règles du jeu européennes », a déclaré Pech, rappelant que les affaires européennes « ont traditionnellement été un territoire partagé entre présidents et premiers ministres ».

Le chef des Verts Yannick Jadot, qui n’a obtenu que 4,63 % des voix au premier tour, a également confirmé qu’il ne se présenterait pas.

Interrogé sur les éventuelles nominations dans un entretien accordé à France Inter le 26 avril, Jadot a déclaré « chasser, ça ne sert à rien ».

« Ce en quoi je crois en politique, c’est une relation de pouvoir ; nous avons besoin d’un groupe écologiste fort à l’Assemblée nationale si nous voulons faire entendre une voix écologique », a-t-il ajouté.

Des défis se profilent déjà après la réélection de Macron

Alors que la présidence française du Conseil de l’Union européenne est en cours et que les élections législatives approchent, Emmanuel Macron ne bénéficiera pas d’un délai de grâce au début de son second mandat. L’opposition en France, de gauche comme de droite, est plus déterminée que jamais à dépouiller le président nouvellement réélu de sa majorité au parlement.

Compétence et approbation publiques

D’autres noms ont déjà été évoqués, comme l’actuelle ministre du Travail Elisabeth Borne et l’actuelle présidente du Centre européen Christine Lagarde.

Cependant, selon Pech, le choix doit être basé sur la compétence et le poste nécessitera désormais une solide connaissance des enjeux environnementaux et économiques. L’écologie, « c’est souvent une question très technique et il faut agir très vite. Nous ne pouvons pas nous permettre la période actuelle », prévient Pech.

Pour que le Premier ministre réussisse dans son travail, le soutien du peuple français est également nécessaire, a ajouté Pech. Dès lors, il faut « réunir de nombreux acteurs économiques, sociaux et territoriaux » et « construire des consensus et des compromis pour avancer, c’est-à-dire transformer sans craquer », a-t-il également déclaré.

Le prochain Premier ministre doit « avoir un haut niveau de compétence sur les questions écologiques, une obsession des résultats tangibles et un haut niveau de préoccupation pour la cohésion sociale », a également déclaré Pech.

Cependant, avec les élections législatives de juin, l’élection de Macron au poste de Premier ministre pourrait être remaniée.

Sans majorité à l’Assemblée nationale, Macron pourrait être confronté à une situation dite de « cohabitation » qui l’obligerait à nommer un Premier ministre à partir d’une majorité nouvellement désignée, ou à être en mesure de rassembler suffisamment de députés pour former une majorité.

[Edited by Frédéric Simon]

Charlotte Baudin

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