La querelle européenne sur la politique d’asile : plus d’ouverture ou d’isolement ?

L’Allemagne et la France cherchent à coordonner leurs efforts pour réformer la politique d’asile de l’Europe, lors d’une réunion des ministres de l’intérieur européens demandant aux deux pays de former une coalition de pays prêts à accepter des réfugiés. Mais il y a une forte opposition dans l’UE à la soi-disant « coalition volontaire ».

Le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin, en sa qualité d’hôte d’une réunion des ministres de l’Intérieur des pays de l’Union européenne dans la ville française de Lille, a souligné que la France voulait prendre l’initiative avec l’Allemagne sur la question de l’asile. Il a indiqué que la France souhaitait, lors de sa présidence du Conseil de l’Union européenne, « augmenter le nombre de pays prêts à la solidarité » pour alléger le fardeau des pays riverains de la Méditerranée, comme l’Italie et la Grèce, qui en ont reçu un grand nombre. des migrants.

Pendant ce temps, la ministre allemande de l’Intérieur Nancy Wieser a confirmé lors d’une réunion des ministres de l’Intérieur jeudi 3 février 2022 que l’Allemagne « continue, comme autrefois, à soutenir une Europe humanitaire ouverte », faisant référence à l’acceptation par son pays d’un million de Syriens. réfugiés en 2015.

Variante français allemand bien que coordonnée!

Le ministre luxembourgeois des affaires étrangères, Jean Asselborn, qui est également en charge de l’immigration et de l’asile, a qualifié les progrès réalisés par la France et l’Allemagne de « rayon de lumière », mais d’autres pays sont certainement nécessaires pour soutenir l’initiative de répartition des réfugiés, car ce n’est pas assez pour soutenir le pays. -Des petits pays comme le Luxembourg, l’Irlande, la Finlande et le Portugal.

Avant la réunion, le président français s’est rendu mercredi soir à Lille pour rencontrer les ministres de l’Intérieur européens, où il a montré le soutien de 12 pays à l’initiative de « coalition volontaire », ce qui est un motif d' »optimisme », selon le ministre allemand de l’Intérieur Nancy. Weser.

Mais au-delà de la coordination franco-allemande, il y a aussi des divergences dans les visions des deux pays, car la France estime que la solidarité avec les pays méditerranéens comme l’Italie et la Grèce ne doit pas passer par l’accueil des réfugiés, mais peut être par l’apport « d’aides financières ». soutien » à ces pays. . Le Luxembourg estime également que les pays qui refusent d’accepter des réfugiés devraient fournir un soutien financier, et Asselborn a critiqué ces pays en disant : « Certains pays ne peuvent pas se cacher », faisant référence à la Pologne et à la Hongrie, qui refusent d’accepter des réfugiés. .

La controverse continue

Dans le contexte de son rejet de l’initiative franco-allemande et d’une « coalition volontaire », le ministre autrichien de l’Intérieur, Gerhard Karner, a appelé lors de la réunion à une « alliance de la raison », et a déclaré qu’il était impossible de parler d’accepter plus d’immigrants, mais plutôt que les frontières extérieures de l’Europe devraient être plus protégées.

Dans ce contexte, le ministre autrichien faisait référence à une déclaration commune de 16 pays publiée à la suite d’une récente conférence en Lituanie, dans laquelle la Commission européenne a demandé une aide financière pour construire des clôtures et d’autres fortifications afin de protéger les frontières extérieures de l’UE. Parmi ces pays figurent la Pologne et la Lituanie, qui ont commencé à construire des clôtures et à renforcer leur frontière avec la Biélorussie pour empêcher l’entrée de migrants bloqués à la frontière, que la Biélorussie utilise comme une « arme » contre l’Union européenne.

Le président français a également soutenu, lors de sa rencontre avec les ministres européens, une meilleure sécurité et protection des frontières européennes, et a déclaré que l’immigration était devenue une « arme hybride qui peut menacer notre stabilité », faisant référence à la situation à la frontière de la Pologne avec la Biélorussie.

Il convient de noter que depuis 2015, les pays de l’Union européenne n’ont pas réussi à s’entendre sur des réformes politiques et des règles d’acceptation de l’asile et des réfugiés.

AJ (AFP, DBA)

Fernand Lefèvre

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