La nouvelle réglementation française vise à protéger les consommateurs de biens numériques

Le 29 juin 2022, Décision n° 2022-946 (Décisions) complètent le cadre réglementaire résultant de Ordonnance n° 2021-1247 29 septembre 2021 relative aux garanties légales de conformité des biens, des contenus numériques et des services numériques (Ordonnance). Les parties prenantes ont jusqu’au 1er octobre 2022 pour mettre en œuvre les mesures suivantes, qui visent à protéger les consommateurs de biens numériques.

INFORMATIONS GÉNÉRALES SUR L’ORDONNANCE

Appliquer les deux directives européennes de 2019 sur certains aspects des contrats de fourniture de contenus numériques et de services numériques et des contrats de vente de biens (respectivement Directive (UE) 2019/770 et 2019/771 du 20 mai 2019), l’ordonnance vise à promouvoir la sécurité des consommateurs lors de l’achat de biens physiques et numériques et, dans une moindre mesure, à réduire l’impact environnemental des biens numériques.

Cette ordonnance change Code de la consommation en profondeur, notamment en étendant l’assurance de la conformité légale, qui inclut désormais les produits et services numériques, mais s’applique également aux contrats business-to-consumer (B2C) ainsi qu’aux contrats business-to-business, lorsque ces derniers sont exécutés entre professionnels et non professionnels (c’est-à-dire les personnes morales agissant en dehors de leurs activités professionnelles directes).

SPÉCIFICATIONS DE DÉCISION

La décision complète les dispositions réglementaires existantes en matière de garanties légales de conformité pour les contenus numériques et les services numériques.

Celui-ci consacre l’obligation générale d’information précontractuelle pour les vendeurs professionnels de divulguer aux consommateurs et aux non professionnels l’existence de garanties légales de conformité et d’exécution.

A cet effet, l’encadré standard contenant cette garantie doit figurer dans les conditions générales. Comme pour les biens physiques, les acheteurs de biens, contenus ou services numériques qui ne se conformeront pas à la garantie de conformité ont deux étapes de récupération :

  • Si un bien numérique est personnalisable, il devra être (i) réparé ou remplacé, (ii) gratuitement, (iii) sans causer de gêne majeure à l’acheteur, et (vi) dans un délai raisonnable (sous 30 journées).

  • Si les conditions précédentes ne sont pas remplies, l’acheteur peut obtenir une réduction de prix, ou résilier le contrat et obtenir un remboursement.

L’ajout de la boîte standard entraînera-t-il un consommateur plus averti ? Avec l’incapacité de s’assurer que les termes et conditions sont lus, et en chargeant les consommateurs avec un ensemble plus substantiel d’informations de conformité, cet objectif semble impossible à atteindre.

En outre, le décret décrit également les exigences de notification aux acheteurs des mises à jour logicielles pour les biens et services numériques, y compris la période pendant laquelle ces mises à jour sont disponibles.

Les fabricants de tels biens ou services numériques seront tenus de communiquer au vendeur toutes les informations concernant la compatibilité de la mise à jour avec les fonctionnalités des biens ou services numériques. De plus, si l’acheteur obtient un avantage à la place ou en complément du prix (par exemple, accès gratuit à une option d’application mobile), le vendeur professionnel sera désormais contraint d’indiquer dans ses conditions générales comment le professionnel de la vente en a bénéficié (par exemple, utilisation des données personnelles). Si leurs données personnelles sont utilisées dans ce cadre, les vendeurs professionnels sont tenus de déterminer les modalités d’exploitation du traitement des données à des fins publicitaires ou commerciales. Une telle position semble contre-intuitive compte tenu de la tendance des autorités de protection des données de l’UE à ignorer les informations incluses dans les conditions générales et à exiger plutôt une politique de confidentialité spécifique.

En outre, le fabricant sera tenu d’informer le vendeur (qui devra ensuite transmettre cette information à l’acheteur) des conséquences de toute mise à jour nécessaire au bon fonctionnement du logiciel supportant les biens numériques, à la fois, d’une manière qui est généralement compréhensible. et libre.

CONCLUSION

Pour se conformer à ce nouveau décret, les entreprises disposent désormais de trois mois supplémentaires pour mettre à jour leurs conditions générales B2C. Alors que l’intention initiale de ce changement réglementaire était de protéger les consommateurs, nous pouvons toujours nous demander si ces exigences de conformité supplémentaires auront effectivement un impact positif significatif sur les consommateurs ou au contraire ajouteront des couches de complexité et contribueront à l’épuisement des informations.

Louis Bégué est co-auteur de cet article.

Lancelot Bonnay

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