La France inquiète du pouvoir de Saïd. Le Drian demande à Boden d’agir

La France s’est dite préoccupée par les larges pouvoirs dont jouit le président tunisien Kais Saied, en particulier après la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature, appelant le gouvernement de Najla Boden à prendre des mesures pour éviter de nouvelles crises dans le pays.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a exprimé son inquiétude après que le président tunisien Kais Saied se soit donné de larges pouvoirs aux dépens du pouvoir judiciaire.

Le Drian a déclaré à la commission des affaires étrangères du Parlement français: « Il y a eu un certain nombre d’actions inquiétantes de la part du président Kais Saied … J’ai une pensée particulière pour la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature. »

Il a ajouté : « Nous espérons sincèrement que l’équipe du Premier ministre Najla Boden suivra cette approche dans les meilleurs délais pour éviter une accumulation de crises dans un pays en grande difficulté économique ».

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Dimanche, le président tunisien Kais Saied a signé un décret pour former un conseil judiciaire intérimaire pour remplacer le Conseil supérieur de la magistrature, lui accordant de larges pouvoirs, y compris la révocation des juges en cas de violation de leurs devoirs.

Quelques heures après la publication du décret, les Tunisiens ont manifesté dans le centre de la capitale tunisienne, portant le drapeau national, appelant à sauver la démocratie et à ne pas nuire au système judiciaire.

Saeed a monopolisé l’autorité depuis le 25 juillet 2021, suite à la décision de suspendre la compétence de la DPR, de révoquer l’immunité de ses adjoints, de supprimer la constitutionnalité de l’organe de contrôle statutaire, de voter les lois par décret présidentiel, de diriger le parquet et isoler le gouvernement. et le remplacer par un autre qui n’est pas approuvé par le Parlement.

Le 22 septembre, Saeed a décidé de suspendre les travaux de la plupart des articles de la constitution, ainsi que de continuer à suspendre les travaux du Parlement, annulant les privilèges de ses membres et interférant avec les travaux de plusieurs organes constitutionnels.

La crise politique en Tunisie s’est aggravée après que le président a annoncé, le 13 décembre, la tenue d’élections législatives conformément à la nouvelle loi électorale le 17 décembre 2022, et a soumis un projet d’amendement constitutionnel pour rédiger une nouvelle constitution pour un référendum en juillet prochain.

Fernand Lefèvre

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