A Fort de France, Aya N’da développe ses « Contrariétés » mêlant symboles Adinkra, Bogolan et revendications socioculturelles et artistiques

Du 15 janvier au 25 février 2018, la Martinique accueille la quatrième exposition individuelle de Aya N’da, artiste-peintre ivoirienne autodidacte qui se distingue dans son travail par ses peintures abstraites, son travail sur le tissage et les textiles d’Afrique noire et sur les symboles et graphismes d’Afrique subsaharienne. Découvrons donc « Contrariétés », une exposition qui se déroule à la Véranda de Tropiques Atrium Scène Nationale, à Fort-de-France.

Contrariétés de Aya N’da

Contrariétés, force de la symbolique

En mars 2017, la bibliothèque Schoelcher de Fort-de-France accueillait l’exposition collective « Exubérance Afro- Caraïbe » de Aya N’da et Prisca Toulon, une exposition qui montrait la fusion de deux univers chargés d’images, de couleurs, de symboles qui évoquaient deux (2) régions du monde physiquement séparées mais intimement liées par l’Histoire de l’Humanité. Et lors de cette exposition, Aya N’da s’était évertuée à présenter ses peintures abstraites, son travail sur le tissage et les textiles d’Afrique noire et sur les symboles et graphismes d’Afrique subsaharienne. Un travail qu’elle avait promis de développer dans sa prochaine exposition individuelle. Chose dite. Chose faite. Nous y sommes avec « Contrariétés ».

Pour sa quatrième exposition individuelle, Aya N’da nous livre ses « Contrariétés » à travers l’usage des symboles et graphismes d’Afrique subsaharienne et principalement des Adinkra, qui ne sont qu’une évocation de la sagesse traditionnelle à travers des symboles ouest africains particulièrement omniprésent dans le paysage ghanéen. Elle y ajoute une analyse des pagnes africains, qu’elle morcèle, découpe, fragmente, décompose, recompose, assemble avec tantôt une touche de peinture, tantôt du collage en vue d’exprimer ses « Contrariétés ». Une exposition qui traduit son sentiment face à des maux qui touchent notre société et matérialisé par 4 œuvres majeures que sont :

  • « La somme de toutes les douleurs» qui traite de la quête de l’identité à travers le phénomène de la dépigmentation et des extensions capillaires associé aux vers du célèbre poème de Bernard Dadié : « Je vous remercie mon Dieu, de m’avoir créé Noir… ».
  • « Ainsi soient-elles » aborde la question de la sexualité féminine dans la religion en prenant sa source dans les mouvements féministes français et de Benoîte Groult.
  • « Poursuite du vent» nous invite à une interrogation sur l’existence de l’Homme depuis les récits bibliques jusqu’aux temps modernes. Comment l’homme trouve-t-il son essence dans cet environnement?
  • « Le démon de vérité » est une façon de montrer les dérives socio-religieuses qui poussent l’Afrique vers l’obscurantisme.

Cette exposition, qui se tient avec le concours de Scarlett Jesus, critique d’art et commissaire de l’exposition, et de Yvana Vaitilingom pour la scénographie, au delà d’être une expression très intime du regard de l’artiste sur la société est un appel à la vigilance. Une invitation à une prise de conscience collective des maux et blessures qui touchent nos sociétés modernes. Autant de mots, de symboles et symboliques qui envahissent notre quotidien et qui perdent peu à peu leur sens dans un monde de plus en plus individualiste où la soif d’exciter encourage la perte d’identité tant au niveau individuel que collectif.

 

A lire :

Contrariétés de Aya N’da

A propos de Aya N’da

Franco-Ivoirienne née en 1971, Aya N’Da pratique l’art de la peinture depuis 7 ans, en Guadeloupe où elle vit depuis 11 ans.

En dehors d’une appétence pour les arts plastiques depuis la tendre enfance, d’un désir contrarié d’entrer en école d’art, et d’une grand-mère collectionneuse, rien ne prédestine Aya N’da à une carrière d’artiste-peintre.

Née en France en 1971 de parents alors en fin d’études, Aya N’da rentre enfant en Côte d’Ivoire et grandit à Abidjan. Fille d’enseignants, elle évolue dans un milieu citadin, instruit, mais sans affinité particulière pour les arts plastiques. Elle fait des études de médecine sur les conseils de sa famille et devient médecin. En 2001 elle revient en France pour les spécialités d’urgences et anesthésie-réanimation.

C’est aussi dans ce cadre qu’elle arrive en Guadeloupe en 2005.

En 2010, une rupture sentimentale qui s’avèrera être une bouffée d’oxygène, remplit Aya N’da d’énergie et de volonté de se ré approprier son espace vital, de réinvestir sa vie. Ses appétences de toujours pour le dessin et la peinture réapparaissent. Elle décide dès lors de se former aux arts plastiques. Une restauratrice de tableaux puis Lucien Léogane peintre et professeur d’arts plastiques seront ses enseignants pendant 6 ans …

Médecin à mi-temps désormais, Aya N’da a fait officiellement de sa passion de peindre et de ses activités d’artiste, son second métier.

Source : http://aya-peinture.odexpo.com

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