Jérémie Kroubo Dagnini nous présente son dernier ouvrage  » Musiques noires. L’Histoire d’une résistance sonore. »

En juillet 2015, nous avions fait la rencontre de Jérémie Kroubo Dagnini, Docteur franco-ivoirien en études anglophones depuis 2010 de l’Université Michel de Montaigne de Bordeaux 3 et spécialiste de la musique jamaïcaine. Actuellement chercheur associé au Centre d’Etudes Politiques Contemporaines à l’Université d’Orléans et parallèlement professeur d’anglais, écrivain, conférencier, traducteur, directeur d’ouvrages (chez Camion Blanc) etc., il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Vibrations jamaïcaines. L’Histoire des musiques populaires jamaïcaines au XXe siècle (2011, Camion Blanc), Bob Marley & the Wailers 1973-1976 (2013, Camion Blanc) coécrit avec Lee Jaffe et récemment Musiques noires. L’Histoire d’une résistance sonore. Découvrons ensemble cet ouvrage à travers quelques questions. 

Jérémie Kroubo Dagnini – ‘Musiques noires. L’Histoire d’une résistance sonore.’

Votre dernier ouvrage : Musiques noires. L’Histoire d’une résistance sonore.

Pourquoi cette thématique ?

Tout simplement parce qu’il s’agit d’une thématique qui me tient à cœur depuis toujours, à savoir « les musiques noires », c’est-à-dire les musiques issues des diasporas noires. Il s’agit d’un ouvrage collectif dont ’angle d’étude est la résistance. Toutes ces musiques sont symboliquement nées dans les cales sordides des bateaux négriers à l’époque de l’esclavage et leur dénominateur commun est la résistance, ce refus des Noirs déportés de capituler, même enchainés. Nous parlons là d’une résistance culturelle, musicale, sonore comme l’indique le titre du livre.

Pourquoi avez-vous décidé de faire un ouvrage collaboratif ?

Parce que l’union fait la force comme le dit l’adage. J’ai réuni tout un panel d’intellectuels venus d’horizons divers pour étayer cette thématique. Ainsi, ce livre propose des articles autour du reggae, du jazz, du rap au Cameroun, du rap français, de la dub poetry, du dancehall, de la samba brésilienne, du maloya réunionnais etc., avec toujours en toile de fois cette notion de résistance intrinsèque aux musiques noires.

Quel est le message que vous voulez faire réellement passer?

Le message que je veux faire passer est double. D’une part, toutes ces musiques nées dans les diasporas noires, que ce soit aux Etats-Unis ou dans la Caraïbe, puisent leurs origines en Afrique (contrairement à ce que certains musicologues européens révisionnistes affirment, je pense en particulier à Philip Tagg). D’autre part, ces musiques se sont érigées comme des exutoires pour ces Noirs déportés et possèdent toutes en elles cette culture de la résistance héritée des esclaves.

La couverture

Pouvez-vous nous en dire plus sur la couverture du livre ?

J’ai eu l’idée de la couverture après avoir vu la série de photos intitulée « Tipo Passe » du photographe angolais Edson Chagas. Ce photographe a eu l’idée originale de recouvrir de masques tribaux les visages de Blacks tirés à quatre épingles.

Qui a été pris en photo ?

La personne qui porte le masque sur cette couverture est le conteur franco-camerounais André Ze Jam Afane, qui est par ailleurs l’un des contributeurs de l’ouvrage. Dans ce livre, il a écrit un conte sur les musiques noires et leur dispersion dans le Nouveau monde. Un conte qui s’intitule « Les enfants de la musique ». C’est son fils, El Yamin Ze Jam Afane, qui a pris la photo.

Que représente le masque ?

Le masque représente l’Afrique, terre originelle de toutes ces musiques noires inscrites désormais au patrimoine mondiale de la musique. Toutes les musiques populaires que nous écoutons aujourd’hui de par le monde, comme le rap, le reggae, le reggaeton, le rock, le jazz, l’électro etc., sont nées dans les diasporas noires, elles-mêmes issues d’Afrique. Conclusion : sans l’homme noir, la culture serait bien triste…

 

Jamaica Jamaica !

Actuellement se déroule une exposition intitulée Jamaica Jamaica ! à Paris. Que pouvez-vous nous dire sur votre participation à cet événement ?

J’ai partagé mon expertise avec Sébastien Carayol, le commissaire de cette exposition, et j’ai écrit l’épilogue du catalogue de l’exposition en question. Par ailleurs, je participe à promouvoir l’expo en participant ponctuellement à des tables ronde et des émissions de radio.

Par ailleurs, comment jugez-vous cet intérêt actuel pour redonner une nouvelle dimension à la culture rastafari, souvent mal connue, car très stéréotypée ?

Depuis la vulgarisation du mouvement rasta par le biais du reggae dans les années 70, l’intérêt pour cette spiritualité n’a jamais cessé de croître. Il est vrai que le mouvement rasta a longtemps souffert de stéréotypes associés bien souvent à la consommation de cannabis, mais les choses changent car les gens bénéficient désormais de plus amples informations sur le sujet, grâce à des livres de qualité, à Internet, à cette remarquable exposition ou encore à des festivals comme Abi Reggae qui vient de se dérouler à Abidjan. Les colloques qui se déroulent lors du festival Abi Reggae permettent par exemple de mettre à mal les clichés associés à la culture rastafari.

L’Actualité

Pouvez-vous lister les prochaines dates à retenir dans votre calendrier ?

J’ai récemment participé à une table ronde autour du reggae à la Philharmonie de Paris (le samedi 22 avril 2017) et j’ai été présent à la médiathèque de Vincennes la 29 avril 2017 pour donner une conférence sur l’histoire de la musique jamaïcaine.

 

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