[Africa Now] Moffat Takadiwa – Coup de coeur Sculpture de Originvl

Durant Africa Now, dont l’objectif est de célébrer l’énergie de la création sur le continent africain, j’ai pu découvrir de nombreux artistes contemporains. J’ai eu le plaisir de découvrir la sculpture de Moffat Takadiwa. Découvrons ensemble son travail.

Africa Now 2017 – Exposition Le jour qui vient

Souriez

Moffat Takadiwa artiste africaine, de la dernière génération d’artiste libéré, s’intéresse profondément aux restes des produits de consommation. Actuellement basé à Harare, la capitale du Zimbabwe, l’environnement de Takadiwa a suscité, en lui, une profonde fascination pour le cycle de vie de l’objet trouvé. En tant qu’homme spirituel autoproclamée, il exploite intentionnellement des débris comme un catalyseur de la conversation sur l’importance des déchets consommés et leur connexion à une identité zimbabwéenne.

Sa pratique suggère le travail des emblématiques «installations de bouteilles» du célèbre sculpteur ghanéen El Anatsui. Ce dernier a été reconnu pour ses énormes figurines en métal en forme de tissu qui interrogent sur l’impact environnemental des déchets de consommation et témoignent de son identité culturelle ghanéenne. Bien que moins monumentales, les œuvres de Takadiwa sont également des assemblages, des  totems denses qui évocent une société dédiée à la consommation et à l’élimination. En tant que prédécesseur de l’art africain des objets trouvés, Anatsui a une influence définitive sur le travail de Takadiwa. Takadiwa intègre cependant sa propre identité dans son travail en utilisant des déchets provenant directement des rues du Zimbabwe. Il a également été plus loin en créant une expérience sensorielle globale avec ces objets trouvés. Il propose des oeuvres intrinsèquement tactiles et émettant même l’odeur des débris zimbabwéens: Un voyage de sens.

Une démarche économiquement influencée

Je me suis également penchée sur l’influence économique de cette démarche à travers la relation de longue date entre le Zimbabwe et la Chine, son partenaire prioritaire. La croissance économique de Harara, la nouvelle métropole « fauchée » repose grandement, pour ne pas dire largement, sur son association commerciale avec la Chine. Ainsi les liens politiques, économiques et culturels entre les deux nations sont très forts.  Après avoir étudié au Harare Polytechnic College lors d’une période d’inflation sévère et de dépression économique, Takadiwa a exploré l’utilisation de matériaux non conventionnels parce qu’il avait des ressources limitées. L’impact de l’excès de produits chinois bon marché se manifeste dans les masses de matériaux auxquelles Takadiwa a maintenant accès. Ces sculptures sont constituées de centaines de déchets trouvés. La composition et le modelage de ses sculptures murales rappellent les textiles africains et les ballots de linges que l’on voit généralement sur les marchés aux puces, les friperies et les bijoutiers de rue. 

Plastic Smile

Son oeuvre « Plastic Smile » est une sculpture d’objets trouvés. Elle parle d’une abondance et d’une élimination excessives des biens. Elle se positionne comme un manifeste artistique de la consommation des biens bon marché et de l’impact que la production et la consommation de masse ont sur nos vies. 

En même temps, « Plastic Smile », « Sourire Plastique ». Est-ce-que c’est une allusion à la chirurgie esthétique? Ce sourire modelé, ultra conventionnel, qui enlève toute sincérité à notre démarche et qui nous plonge à nouveau dans la société de consommation où le paraitre devient plus prédominant que l’être… Telles sont les questions que cette installation me suggèrent.

Le « beadmaking » pour réduire l’écart entre l’art et l’artisanat ?

Enfin, à y regarder de plus près, on constate que l’oeuvre est réalisé avec des déchets qui sont assemblés selon la technique de l’assemblage de perles. Nous sommes donc dans une démarche quelque peu artisanale. On se demande donc si Moffat Takadiwa souhaite réduire l’écart qui existe entre l’art et l’artisanat, en entrelaçant ces objets trouvés avec son intention artistique et le caractère esthétique de l’oeuvre. Il nous invite donc à surmonter nos conceptions élitistes de l’art en donnant une certaine noblesse à des matériaux qui ne le sont pas. 

 

Takadiwa Moffat se positionne ainsi comme l’un des précurseurs des jeunes artistes africains émergents dans la société contemporaine. Son utilisation à l’excès de déchets de consommation pour créer des sculptures symboliques et tactiles est une approche artistique inspirée pour raconter des récits personnels et décrire les progrès financiers emblématiques de son pays le Zimbabwe.

Africa Now 2017 – Exposition Le jour qui vient

Moffat Takadiwa

Né en 1983 à Karoi, Takadiwa a obtenu son baccalauréat en génie du collège polytechnique de Harare en 2008 et a commencé à travailler avec des matériaux trouvés en raison du manque de «matériaux d’art conventionnels» disponibles pendant les moments difficiles qu’a traversé le pays. Son succès dans ce milieu est venu de son approche : utiliser la culture matérielle, la spiritualité et l’environnement pour se positionner comme un personnage de premier plan au sein de la génération d’artistes nés après l’indépendance au Zimbabwe. Il a beaucoup exposé dans les principales institutions de son pays et à international. Son travail parle essentiellement de la domination culturelle illustrée par la consommation de produits étrangers au Zimbabwe et à travers l’Afrique.

 

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