Le Fort Portugais de Ouidah

Ouidah, première capitale du Dahomey, est une ville historique et touristique inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO et pour cause, cette ville rappelle et remémore les déchirures et blessures laissée par l’esclavage tout en soulignant l’organisation hiérarchique et surtout l’ancrage profond de son peuple dans ses symboles religieux. Découvrons ensemble l’ancien Fort Portugais qui servait autrefois d’entrepôt d’esclaves.

Le Fort Portugais de Ouidah
Le Fort Portugais de Ouidah

Le Fort Portugais

Bâti en 1721, le Fort Portugais de Ouidah portait le nom de Saint-Jean-Baptiste d’Ajuda. Ce fort ressemble plus aujourd’hui à une maison coloniale aux murs blancs avec toutefois la présence d’un petit azulejo qui rappelle la Portugal.
Dans la cour on peut admirer de magnifiques manguiers et un frangipanier qui doivent avoir de nombreuses histoires à raconter.

On apprends qu’il y avait cinq (5) forts à Ouidah : les forts portugais, anglais, français, danois et hollandais. Ils ont tous été brûlés en 1961 après l’Indépendance du Bénin, à l’époque de Salazar. Le fort portugais est resté débout mais les archives ont toutes été détruites.

En 1967, la transformation du fort en musée a été opérée par les portugais eux même. Ils ont ainsi rapportés des objets et documents.

Aujourd’hui, le fort couvre la surface d’un hectare environ et entre ses murs se trouvent une résidence des représentants officiels du Portugal, une chapelle, une garnison et des casernes.

Le musée accueille d’importantes collections accumulées à la suite de plusieurs fouilles archéologiques dans les zones de Savi et de Ouidah. Par ailleurs, il est administré par la conservatrice, Micheline Egounlety qui emploie plusieurs guides.

Le Fort Portugais de Ouidah
Le Fort Portugais de Ouidah

Le Musée d’histoire de Ouidah

Le Musée d’Histoire de Ouidah possède un grand nombre d’objets et d’illustrations ayant un caractère historique et culturelle très forts. Ils permettent aux visiteurs de comprendre l’histoire de la région et son rôle dans le patrimoine mondial.

Les collections du musée sont assemblées selon les six (6) thèmes principaux :

  1. Le Fort Portugais
  2. Le Royaume de Xwéda
  3. Le Royaume du Dahomey
  4. La Traite des Esclaves
  5. Le Vaudou
  6. Les liens culturels entre le Bénin et le Nouveau Monde (Les Amériques)

Le Fort Portugais

La présence d’une maquette nous  permet de visualiser la constitution du Fort Portugais. On apprend que dans la région, tous les forts étaient construits de la même façon et avaient la particularité de disposer d’une Chapelle pour l’évangélisation des esclaves ayant pour objectif de les immuniser contre leur rite animiste notamment contre la religion vaudou. Pour ce faire, les missionnaires utilisaient une cloche, que l’on peut apprécier dans l’exposition,  pour appeler et rassembler les esclaves et faire passer son message.

On y trouvait donc une (1)  chapelle et quatre (4) tourelles avec des armes entourées par une fausse qui contenait des crocodiles, serpents et autres reptiles dont la fonction étaient de se nourrir des esclaves rebelles, malades, blessés, faibles ou morts.

Le Royaume de Xwéda

Une cartographie de la ville de wruida réalisée par les Portugais figure dans le musée. Elle montre un paisible royaume bien organisé.

Wruida signifie « qui adore le python » qui est un animal qui a vraiment été serviable au premier fondateur du Royaume de Ouidah. En effet, le roi ne vivait pas dans son palais mais dans son champ (glé). Il habitait au GleKué (Maison du champ) où le python protégeait ses champs en se nourrissant des rongeurs. C’est ainsi que le python devient l’emblème de la ville de Ouidah et c’est pourquoi on lui voue un culte dans la ville et que l’on consulte pour les grandes célébrations. Il y a même un Temple qui est dédié à la divinité du python. Un prochain billet présentera ce temple.

Au niveau du nom, les portugais et les français n’arrivaient pas à la prononcé c’est ainsi que la ville fut appelée respectivement « Judia » et « Ouidah »

 

Le Royaume du Dahomey

Le lien entre le Royaume du Danxomé et le Royaume Xweda est le Roi Agadja qui voulait un contact direct avec les blancs. Il souhaitait faire du commerce directement avec eux. C’est donc pour cela que son emblème est une caravelle symbolisant son ouverture sur la mer.

A lire : Les 12 rois principaux officiellement reconnus par la famille royale

On y présente aussi d’autres éléments significatifs de la royauté :

  • La Jarre percée de  trous qui symbolise l’unité nationale : de nombreux doigts sont nécessaires pour boucher toutes les ouvertures;
  • Les tambours annonçant la mort du roi qui sont de curieuses poteries qui résonnent quand elles sont frappées d’un chiffon. Les originaux étaient en terre cuite et on frappait avec une peau. Un autre tamtam sacré est impressionnant : il est utilisé seulement par les orphelins, l’orphelin de mère tape de la main droite et les orphelins de père de la main gauche, il annonce la mort des parents. Seuls les orphelins de père et de mère ont le droit de le frapper de deux mains.
    On utilisait des tambours pour annoncer la mort du roi car c’est une nouvelle que l’on ne doit pas prononcer. Elle se résumait ainsi : « Il fait nuit en plein jour dans le royaume ».
  • Le recade qui est à la fois un bâton de messager et un casse tête. L’histoire raconte que lorsqu’un messager du roi venait à la rencontre d’un serviteur du royaume pour lui remettre un bâton de messager porteur d’un message du roi, ce dernier devait se rendre auprès du roi et arrivé avant le messager. Si le messager revenait auprès du roi avant le serviteur, ce dernier avait la nuque brisée par le roi.

Il y a également d’autres choses comme la sélection des femmes par le Roi, la présence du premier drapeau du Danxomé que je ne vous décrirais pas afin que vous vous rendiez, vous même à Ouidah pour découvrir toute cette histoire.

Le Vaudou

La religion Vaudou est présentée différents moments de l’exposition mais le moment qui m’a le plus marqué est celui de la Cérémonie de l’anniversaire des ancêtres du roi qui durait 41 jours en référence au chiffre symbolique 41 de la religion vaudou. Dans cette religion, l’on compte 41 divinités qui sont adorées par des adeptes et des initiés. Ce chiffre 41 ou  ‘4+1=5’ a été vu par le fâ qui pratique l’art divinatoire.
Ainsi lors de cette célébration, des offrandes sont faites et le dernier jour, 41 hommes sont sacrifiés. On leur demandait de sauter les bras et pieds liés depuis une falaise de 10 mètres de haut et d’arriver sur les deux pieds. Ceux qui réussissaient étaient graciés. Ceux qui échouaient étaient décapités. Leurs bourreaux devaient les décapiter d’un coup sans gémissement sinon ces mêmes bourreaux étaient eux même décapités. Ces pratiques avaient lieu avant l’arrivée des colons qui ont vu un moyen de récupérer les hommes comme esclaves.

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La traite des esclaves

Les rois du Danxomé avaient déjà leurs esclaves essentiellement les prisonniers de guerre. Les Colons ont vu ainsi un moyen de récupérer des hommes robustes sans trop d’effort.

C’est ainsi qu’ils ont proposé des perles, des pacotilles, des porcelaines pour acheter les esclaves. Ces derniers étaient enchaînés non pas par les pieds mais par le cou. Une de ces chaînes est présente dans l’exposition et elle est très impressionnante.

Les esclaves qui étaient entreposés dans l’arrière du fort étaient nourris au pain sec et à l’eau non potable issue du puits. Ceux qui mourraient étaient donnés à manger aux crocodiles de la fosse qui entourait le fort.
Ils se retrouvaient ensuite dans les négriers. Les hommes couchés sur le vendre et les femmes sur le dos afin que les négriers puissent abuser d’elles puisque si elles tombaient enceintes, elles étaient revendues plus chers. Ceux qui mourraient pendant la traversée était jeté à la mer. Ils étaient ensuite vendus tous nus à Salvador de Baya.

Les liens culturels entre le Bénin et le Nouveau Monde dans le regard de Pierre Verger

Pierre Edouard Leopold Verger (Paris, 4novembre 1902 – Salvador de Bahia, 1& février 1996) était un photographe et ethnologue français qui porta également le nom de  Fatumbi (« Ifa l’a fait renaître», en langue yoruba), à la suite de son initiation en tant que Bbalawo, prêtre de Ifa (Orunmila), la divinité yoruba de la création.

Il consacrera l’essentiel de son œuvre aux religions du Golfe de Guinée (principalement Fon et Yoruba) et aux religions afro-brésiliennes (essentiellement le Candomblé)

C’est dans ce cadre qu’il a étudié au Brésil et au Benin pour voir l’impact sur le réel oubli des traditions, rites et cultures vaudou.

Il mis ainsi en parallèle la transmission de nombreuses célébrations dans les deux pays portant des noms différents. On peut citer la fête des jumeaux, la cérémonie rituelle de l’eau dite de purification, la célébration des esprits des morts (Egun au Brésil et Egungun à Ouidah) pour ne citer que ces célébrations.

On peut donc en conclure que les esclaves sont restés très attachés à leurs rites et traditions d’origines puisque certains ont été transmis, adaptés, modernisés et influencés par les cultures du Nouveau Monde.

(Nous n’avons pas eu le droit de prendre des photos à l’intérieur)

 

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