Les 12 rois principaux du Royaume Danxomé

Nous ne pouvons pas parler du Bénin sans rappeler les noms et les règnes des 12 rois du Royaume Danxomé. Des rois qui ont contribué au développement du Royaume.

Site des Palais Royaux de Abomey
Site des Palais Royaux de Abomey

Faire un Danxomé toujours plus grand

La première des 41 lois édictées par Hwegbaja ou Houegbadja est « Faire un Danxomé toujours plus grand » ce qui signifiait que chaque roi allait devoir agrandir le royaume.

Ce qui était symbolisé par la construction d’un nouveau palais à côté du ou des palais existants, et orienté dans la direction dans laquelle le royaume allait être agrandi. C’est ainsi que l’on comprends que la disposition des palais est le témoignage des étapes successives du développement du Danxomé.
A cette lecture s’ajoute deux autres fondements majeurs édictés par Hwebadja que sont : la continuité et l’unicité de la dynastie.

A lire : Le site des Palais Royaux d’Abomey

Les 12 rois principaux et leur règne

Avant de rentrer dans le détail historique voici la liste des 12 rois principaux et officiellement reconnus par la famille royale, dans l’ordre chronologique :

  • Gnangnihessou
  • Dako Donou (1620 -1645)
  • Houegbadja (1645-1685)
  • Akaba (1685-1708)
  • Hangbé (1708-1711)
  • Agadja (1711-1741)
  • Tégbéssou (1741 -1774)
  • Kpengla (1774-1789)
  • Agonglo (1789-1797)
  • Adandozan (1797-1818)
  • Guézo (1818-1858)
  • Glélé (1858-1889)
  • Béhanzin (1889-1894)
  • Agoli-Agbo (1894-1900)

Vous avez remarqué que deux d’entre eux ne sont pas formatés en « gras » pour la simple raison qu’ils ne sont pas officiellement reconnus par la famille royale. Pour le comprendre je vous invite à lire la suite de mon billet.

Art de cour et tradition : un appliqué sur tissu représentant les 12 rois principaux, officiellement reconnus par la famille royale
Art de cour et tradition : un appliqué sur tissu représentant les 12 rois principaux, officiellement reconnus par la famille royale

A lire : Les appliqués du Marché Artisanal d’Abomey

De Akaba à Agoli-Agbo

Avant de me lancer dans l’explication chronologique. Je tiens à vous indiquer que la transmission de l’histoire est de tradition orale en Afrique. Cependant force est de constater que les Béninois ont pu remonter très loin dans l’histoire du Royaume Danxomé. C’est pourquoi nous débuterons la chronologie avec le roi Akaba.

Akaba (1685-1708)

Fils de Houegbadja, il apporta le premier sa touche personnelle à l’agrandissement du palais central. Il y ajouta sa propre demeure au lieu dit Amayomè où il avait perpétré le meurtre de Dan. Akaba rapprocha de lui ses prédécesseurs :  Gnangnihessou et Dako Donou, en installant leurs reliques dans son palais, ce qui en accrut l’importance aux yeux du peuple.

Ce palais fut utilisé par sa sœur jumelle Hangbé qui assura la régence pendant trois années de 1708 à 1711. C’est elle qui créa le célèbre corps des amazones pour défendre le royaume contre les attaques des Ouémènou, un peuple vivant le long du fleure Ouémé à l’Est d’Abomey.

A lire : Le rôle des femmes dans le royaume Danxomé

Agadja (1711-1741)

Il bâtit à son tour son palais dans le même quartier mais plus à l’Est et au Sud. Sous son règne, il conquit les villes d’Allada puis de Savi. Le royaume fut ainsi agrandi jusqu’à la côte ce qui permit au royaume Danxomé de directement faire de commerce avec les Européens. C’est pour cela que son symbole est une caravelle. Il a été jusqu’à la mer.

Tégbéssou (1741 -1774)

Après avoir fait parti d’un tribut exigé par le royaume Yoruba d’Oyo, Tégbéssou trouva le moyen de se libérer et de rentrer au « pays » où il se vit confier le trône. Il construisit son palais plus au sud de celui d’Agadja et conserva l’utilisation du portail d’entrée de son père. C’est sous le règne de Tégbéssou que fut institué le culte vodoun.

Kpengla (1774-1789)

Son règne fut marqué par de nombreuses victoires. Il poursuivit l’évolution du royaume vers le sud.

Agonglo (1789-1797)

Il se distingue également pour les nombreuses victoires qui permirent d’étendre le royaume vers l’ouest, toujours en conservant le même portail d’entrée (celui d’Agadja). Agonglo réussi à exercer son autorité sur le commerce et les forts européens de la côte. C’est aussi à partir de son règne que les bas-reliefs commenceront à être appliqués sur les murs et les piliers des palais.

Les bas reliefs
Les bas reliefs

Guézo (1818-1858)

A la mort de Agonglo, ses deux fils lui ont succédé: Adandozan (1797-1818) puis Guézo (1818-1858). Ils réutilisèrent son palais en procédant seulement à des réaménagements. Ceci correspond à une période très particulière dans l’histoire du royaume. En effet, Adandozan était réticent à poursuivre certaines pratiques liées au culte voué aux ancêtres et les sacrifices qui lui étaient associés. Il s’affirma aussi être anti-esclavagiste et alla jusqu’à provoquer sa communauté en vendant sa mère et en emprisonnant son frère Guézo.

En prison, Guézo sympathisa avec Félix Francisco de Souza dit « Chacha », un grand négociant de Ouidah. Avec son aide, il fomenta un coup, prit le pouvoir et bannit Adandozan et l’ensemble de sa lignée.
C’est aussi avec l’aide de Chacha que Guézo éleva à l’entrée principale de son palais, une maison à étage, Singboji, nom qui sera gardé pour le palas et sa grande place adjacente.

A lire : Le Fort Portugais de Ouidah

Quelques années plus tard, dans un contexte d’abolition de l’esclavage, un tournant important dans l’économie du royaume fut mis en place par Guézo. Un immense programme de plantation de palmiers à huile fut lancé, initiant ainsi le développement de l’agriculture de rente.

Autre fait majeur, c’est au cours du règne de Guézo que le royaume de Danxomé fut définitivement affranchi de la tutelle du royaume d’Oyo.

Glélé (1858-1889)

Glélé poursuivit l’expansion du royaume le long de la côte, mais il se retrouva face à la volonté de progression de l’armée coloniale française. Il installa son palais à côté de celui de son père Guézo, probablement en déplaçant la cour des amazones plus au sud.

Béhanzin (1889-1894)

La guerre contre les Français n’a pas laissé le temps à Béhanzin d’achever la construction de son propre palais. Il fut ainsi dénommé Dowomé ou « mur à dis couches » et est aussi le seul dont la devanture, bien que de très grandes dimensions, fut aussi entourée de murailles, donnant ainsi une idées des intentions de grandeur du monarque. Les composantes visibles de ce palais ne furent finalisée que vers 1928-1930 à l’occasion du retour de ses cendres au Dahomey.

Agoli-Agbo (1894-1900)

Il régna sous la tutelle française et pour une durée très courte puisqu’il fut finalement exilé au Gabon. Il s’était établi dans le palais de son ancêtre protecteur, Kpengla, réaménagé en fonction de ses besoins.  Sur le conseil de son devin, il avait marqué l’entrée de son palais par un baobab, planté tête en bas. Celui-ci est toujours visible aujourd’hui.

 

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