Retour sur le film documentaire : Les enfants d’Houphoët ou la culture urbaine ivoirienne dans le regard des Ziguehi

Le vendredi 16 décembre 2017 à 18h00 se tenait à l’Institut Français de Côte d’Ivoire, la projection  ouverte au public du film documentaire ‘Les enfants d’Houphouët’ de Sahin Polo. Retour sur cette soirée. 

Les enfants d'Houphouët, film documentaire de Sahin Polo - Retour sur la culture urbaine Ziguéhi de Côte d'Ivoire
Les enfants d’Houphouët, film documentaire de Sahin Polo – Retour sur la culture urbaine Ziguéhi de Côte d’Ivoire

Les enfants d’Houphouët

Dans un précédent billet publié en décembre 2017 (ICI) pour annoncer la sortie du film, nous avions de nombreuses interrogations sur la portée de ce film en terme d’héritage artistique et culturel.

Nous avons donc été réunis sur le site de l’Institut Français de Côte d’Ivoire  pour une soirée de découverte du mouvement Ziguéhi.  Ainsi après une performance artistique dans l’amphithéâtre de l’Institut, les visiteurs ont été orientés vers la salle de spectacle où nous avons observé une minute de silence en hommage à Henrike Grohs, ex Directeur Général de l’Institut Goethe décédé lors des attentats de Grand Bassam.

Par la suite, le représentant de l’Ambassadeur de France a pris la parole pour nous parler du film, ‘Les enfants d’Houphouet’ à travers :

  • l’histoire de son réalisateur qui est un membre imminent du mouvement Ziguéhi;
  • l’histoire de son tournage à travers la Côte d’Ivoire et l’Allemagne;
  • l’histoire de ceux qui l’on soutenu à savoir l’ Institut Français de Côte d’Ivoire et le grand soutien de Henrike Grohs du Goethe Institut de Côte d’Ivoire;

Pour conclure sur le fait que l’histoire de ce film documentaire peut traverser le temps car il s’agit d’un film documentaire avec un caractère plus ou moins historique.

Le film a ensuite été projeté dans une salle bien remplie.

Les enfants d'Houphouët, film documentaire de Sahin Polo - Retour sur la culture urbaine Ziguéhi de Côte d'Ivoire
Les enfants d’Houphouët, film documentaire de Sahin Polo – Retour sur la culture urbaine Ziguéhi de Côte d’Ivoire

Ce qu’il faut retenir de ce film

Ce film documentaire nous a permis d’obtenir des réponses aux questions suivantes :

  • Qui sont les Ziguehi? Qui sont ces loubards?

De ce que j’ai pu retenir de ce film, les Ziguehi sont différents des Nouchi. En effet, selon les Ziguehi, les Nouchi sont des voleurs tandis que les Ziguehi ou Loubaya sont des loubards qui se distinguent par leur apparence physique : musculature développer, muscles saillant et pratique des arts martiaux. L’objectif est de bien montrer sa plastique et d’en imposer dès le premier regard.  Ce mouvement aurait commencé à Treicheville. Mais tout n’est pas rose… puisque la « Rue était organisée par famille et chaque famille avait son territoire ».  Il y avait donc comme un goût de légère violence avec une petite logique de gang territorial.

  • Quel est l’impact des Ziguéhi sur la culture urbaine ivoirienne ?

Les Ziguéhi ont incontestablement eu un impact sur la culture urbaine ivoirienne et plus largement sur la culture urbaine ouest africaine.

En effet, le mouvement Ziguehi a permis de faire naitre un grand nombre d’artistes au rang desquels l’on peut citer Tangara Speed Godah, Gor la Montagne ou encore Keke Kassiry qui est à l’origine de la danse le Gnama Gnama qui signifie que  les ziguéhi sont tous nés dans la merde et qu’ils sortent de l’ombre pour devenir la beauté esthétique.
La culture des arts martiaux propre aux loubards, ces hommes musclés et imposants qui impressionnent et qui n’hésitent pas à se battre pour protéger leur territoire et pour asseoir leur réputation était toutefois valorisé dans ces chansons. Cependant, la légende dont le nom est le plus cité est John Pololo qui n’hésita pas à prendre des risques et qui réussi le pari en propulsant le mouvement Ziguehi à un autre niveau.

On vit ainsi en plus de l’apparition du genre musicale, de la danse et de la pratique des arts martiaux, celle du langage avec la naissance du Nouchi dans les années 70 qui est la façon de parler de la danse et qui se compose d’un mélange des langues nationales : une identité culturelle et urbaine venait de naître en Côte d’Ivoire.

Par la suite, la musique urbaine eu un réel succès avec des artistes comme R.A.S qui était une idée de Feu François Konian qui fut leur premier producteur dont le projet était de transformer des chefs de gangs en musiciens afin de partager le message suivant : celui de donner une raison à la société de penser et réaliser que nous sommes tous sur un pied d’égalité. C’est ainsi que RAS est devenu le premier groupe musical à impulser la musique urbaine ivoirienne avec le Rap en nouchi.

Aujourd’hui, il y a encore des artistes qui continuent à valoriser cette culture du Nouchi comme Ismael Isaac, Kajeem, Nash, Magic System,

Maintenant nous en savons un peu plus sur la culture urbaine Ziguéhi. Je vous invite toutefois à voir ce film pour en savoir plus sur le caractère social de ce mouvement et vous faire votre propre idée. 

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