Bridget Ugwe

Bridget Ugwe, journaliste de formation, promeut les arts et la culture du Nigéria à travers son site internet : Nigeria’s Insights. Ce site est rédigé en anglais mais aussi en français afin de permettre aux francophones de découvrir un peu plus ce géant ouest africain souvent mal connu et mal compris. A travers cette interview, vous rencontrerez une jeune femme déterminée et déterminante.

1.Bridget Ugwe, que faites-vous dans la vie, quel est votre parcours et vos activités actuelles ?

Mon parcours débuta avec un BTS en communication qui s’en est suivi par l’obtention d’un concours à l’IEJ qui est une école de journalisme basée à Paris. À l’issue de cette formation, j’ai obtenu  mon Master Radio/TV puis intégré la rédaction d’Itélé d’abord en stage et ensuite je suis restée à iTélé en tant que pigiste régulière.

J’ai créé Nigéria’ Insights après avoir travaillé cinq (5) ans pour Itélé (Groupe Canal+) et un peu plus d’un an pour LCI (Groupe TF1) pour en faire un site d’informations sur le Nigéria à destination d’une audience francophone.
Mon objectif est de susciter un lien, un pont entre les diasporas africaines francophones et anglophones, tout en les éduquant sur toutes les initiatives entrepreneuriales, culturelles, économiques, etc… mises en place au Nigéria.

Je développe donc aujourd’hui mon site internet, Nigeria’s Insights, à côté d’autres activités d’accompagnement media pour les entreprises.

 

2. A l’origine, d’où vient votre passion pour les arts et la culture et plus particulièrement pour le Nigéria ? Et comment cela vous a conduit à mener des actions de promotion de l’art et de la culture du Nigéria ?

Ma passion pour les arts et la culture au Nigéria est assez récente. En fait, elle ne cesse de grandir car à travers Nigeria’s Insights, c’est aussi moi-même que j’éduque. Plus je découvre, rencontre les artistes, les initiatives, les talents, plus je suis admirative de leur créativité, leur inventivité et leur volonté.

Les Nigérians sont un peuple très résilient qui de ses conditions de vies parfois challengeantes arrive à tirer des œuvres uniques. Qu’il s’agisse de la musique de Fela, Tony Allen, toutes ces légendes qui ont marqué le monde entier… ou d’artistes évoluant dans des disciplines plus confidentielles, je pense par exemple à Toni Okujeni, un peintre nigérian rencontré à Paris, ou encore Orusegun Olumide dont les peintures d’un réalisme surprenant ont fait le buzz un peu plus tôt cette année … Tous se distinguent par leur unicité…. que dire de Laolu Senbajo, cet artiste à l’origine des dessins tribaux sur le corps des danseuses de Beyoncé dans « Lemonade »… Le Nigéria est présent dans toutes les disciplines et c’est vraiment rafraichissant !

 

3. Parlez nous de Nigeria’s Insights : l’idée, sa vocation et les actions menées, le choix du français, les ambitions de la plateforme 

L’idée de base pour Nigeria’s Insights c’était d’informer. En tant que journaliste pour un media généraliste, j’ai plusieurs fois constaté que l’on parlait du Nigeria uniquement en cas d’attaques terroristes, ou pour les économistes, sous l’angle des ressources pétrolières. Moi, quand je vais au Nigeria, je vois de la créativité, je vois des initiatives, des idées, au risque d’être cliché aussi de la joie de vivre. Par dessus tout, je vois une volonté farouche de réussir. Mais je ne trouvais pas d’écho de ce Nigeria là dans les media, tout du moins francophones. C’est ce vide que j’ai voulu combler. En parlant avec des jeunes entrepreneurs, étudiants, des diasporas africaines francophones, je remarquais aussi que beaucoup s’intéressaient au Nigeria sans vraiment savoir par où y entrer, comment pénétrer ce marché. Voilà pourquoi le choix du français.

Aujourd’hui mon ambition est de faire de Nigeria’s Insights la plate-forme de référence pour les informations concernant le Nigeria. J’ai eu le témoignage d’une jeune étudiante de Sciences Po qui voulait faire un V.I.E au Nigeria dans le domaine des Energies renouvelables. Après avoir lu l’interview d’un chef d’entreprise basé au Nigeria sur mon site, elle l’a contacté et vient de passer son deuxième entretien d’embauche avec eux. C’est exactement mon objectif !

4. Question ouverte : Comment voyez-vous l’implication de la diaspora dans le processus de valorisation des arts et de la culture africaine en générale ? 

Elle est indispensable et a déjà commencé ! Vous voyez des initiatives comme Le Paris Noir, un guide à Paris qui met en avant l’histoire noire et africaine dans la capitale, il y a le Chef Dieuveil Malonga qui œuvre pour la valorisation et la démocratisation de la cuisine africaine. Il y a aussi cette jeune photographe Nigériane, Juliana Kasumu, qui effectue un véritable travail de recherche sur l’histoire des coiffures africaines, des attachés de foulards, et qui en fait des séries de photos incroyables… My Afro Week, agenda des bons plans Afro… De plus en plus de jeunes de la diaspora prennent des initiatives et revendiquent leur héritage africain. Cette tendance n’en est qu’à ses débuts et nul doute que les générations qui viendront après nous reprendront le flambeau…. J’ai hâte de voir où nous en serons d’ici quelques décennies, ça va être terrible !!

 

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