Môgô Dynasty, une exposition de Aboudia à la Galerie Cecile Fakhoury

Ce vendredi 23 septembre 2016 s’est tenu le vernissage de l’exposition Môgô Dynasty du peintre Aboudia à la Galerie Cecile Fakhoury. L’exposition se tiendra jusqu’au  19 novembre 2016 et sera l’occasion de découvrir la troisième exposition personnelle de l’artiste ivoirien Aboudia. Retour sur l’exposition. 

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Du 24 septembre 2016 au 11 novembre 2016, la Galerie Cecile Fakhoury accueillera l’exposition Môgô Dynasty de l’artiste ivoirien Aboudia.

Cette exposition, la troisième de l’artiste, qui est le portrait d’une société en mouvement, se compose de travaux réalisés à Abidjan et d’une installation monumentale in situ.

Pour comprendre cette exposition, il faut avoir une connaissance du travail d’Aboudia. En effet,  ses toiles sont une représentation de figures, personnages qui évolue dans un environnement étroits, cherchant leur place tout en manifestant cette joie, cette vie, cette vitalité et cette énergie mère à la jeunesse qui grouille, se débrouille pour se forger une place dans cet environnement. L’autre particularité de son travail est l’étendu des supports. Les toiles d’Aboudia sont généralement grandes et impressionnantes. Dans cette exposition Môgô Dynasty, les toiles sont plus petites, elles rétrécissent et les personnages étouffent. Elles sont oppressées par l’environnement dans lequel elles évoluent et leur énergie, leur créativité sont donc prêtes à exploser pour se manifester. L’artiste traduit ainsi des traits caractéristiques de ces contemporains avec qui il partage le temps et l’espace.

Concernant l’installation In situ intitulée La cour. Elle est intéressante pour moi car dans un premier temps, j’adore les installations in situ. Dans un second temps, elle m’a tout de suite fait penser à deux choses : les Fanicos et l’enfance torturée. Je m’explique.

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L’installation In situ recouvre un pan de mur de la Galerie et est composé d’une superposition de figures vides réalisées avec des morceaux de tissus, des fripes, de la laine et tantôt des poupées, des nounours. Nous avons l’impression de nous retrouver au bord d’un court d’eau et de voir les vêtements en train de sécher à l’air libre après avoir été lavés par les Fanicos, qui ne sont autre que des lessives à moindre coût qui récupèrent le linge de particulier au petit matin pour le nettoyer et le lui rendre à la fin de la journée. Nous pouvons donc penser soit à un Fanico soit à une friperie géante.

Le deuxième point de l’enfance torturée concerne la présence de nombreux linges d’enfants et la mise en scène de situation qui évoquent le sacrifice et le jeu entre la vie et la mort avec des jouets : une poupée, des nounours, etc. J’ai donc naturellement pensée à la manifestation d’un trouble peut être liée à l’enfance que l’auteur voulait ici présenter. C’est plus tard en évoluant dans l’exposition et en posant quelques question que je compris qu’il s’agissait d’une mise en scène nous projetant d’un brouhaha à l’autre pour nous emmener dans l’univers du maquis. Les toiles ayant figurent d’arrêts sur image des personnalités qui composent un groupe de môgôs (d’hommes) s’apprêtant à s’entretenir les uns avec les autres. L’idée étant de nous emmener dans l’univers du zoulou avec les Ziguéhis d’hier jusqu’à l’affirmation du Nouchi.

Le titre dans tout ça ! Môgô Dynasty ! Comment le comprendre alors ?

Môgô Dynasty pour moi fait référence surtout aux trois (3) toiles intitulées La famille du Roi, La mort du Roi et le La môgô muselé. Ici l’on fait référence aux personnages mystiques du Roi avec tout ce qu’il a d’humain et de sacré.

Ainsi, si l’on fait le lien entre les toiles, la relation aux hommes (môgôs) avec leur environnement, on est amené à se dire qu’il s’agit d’une exposition qui nous invite à nous interroger sur notre position au sein de la ville effervescente et en mouvement qu’est Abidjan. Une ville où la pensée est très uniformisée avec des codes et des règles préconçues et parfois complètement surréalistes et où on étouffe ! On étouffe car on veut pouvoir s’exprimer librement et se mouvoir dans cette société sans être limité justement par son uniformité.

Cette exposition est pour moi intéressante si l’on se positionne dans l’analyse des sentiments d’oppression et liberté, en espérant que c’est le meilleur qui l’emportera.

Aboudia

Né en 1983 à Abidjan Côte d’Ivoire, il vit et travaille à Abidjan et à New York.

Aboudia est diplômé du Centre Technique des Arts Appliqués de Bingerville en Côte d’Ivoire. Son travail est largement diffusé dans la presse internationale en 2011 pour son témoignage de la bataille d’Abidjan.

Artiste « cosmopolite », il se déplace sans cesse entre les mondes et les cultures. Son travail tire sa force de ses expériences, révélant l’énergie commune à toutes les grandes villes portées par la jeunesse et leurs flux d’activités.

Le travail d’Aboudia est présent dans de nombreuses collections et institutions internationales. Depuis 2011, plusieurs expositions personnelles lui sont consacrées en Europe et aux Etats Unis.

En 2012, la galerie Cécile Fakhoury a réunit ses travaux et ceux de l’artiste ivoirien Frédéric Bruly Bouabré pour son exposition inaugurale. En 2013, son travail est présenté au Nevada Muséum of Art à Reno, dans l’exposition In all cases, a Collection selection. Ses œuvres ont été présentées à l’espace de la Fondation Total à l’ovation du Off de la Biennale de Dakar en 2014, à la 1:54 Contemporary African Art Fair à Londres et à New York, et à la Galleria Continua, Les Moulins pour Sphères #7 en France. A Londres, son travail a été montré à la Saatchi Gallery dans le cadre de l’exposition Pangaea: New Art From Africa and Latina America en 2014 et dans la seconde édition Pangaea II en 2015. Une exposition personnelle intitulée Chap Chap lui est consacrée en 2016 à la galerie Art Twente One (Art 21) à Lagos, au Nigeria.

Je vous invite donc à vous faire votre propre idée en vous rendant à la Galerie Cecile Fakhoury où l’exposition sera accessible jusqu’au 19 novembre 2016.

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