Thierry Dia

La personnalité du Mois de mai sur Originvl Art & Culture est Thierry Dia qui est à l’origine de la Galerie Houkami Guyzagn.  Je l’ai rencontré par l’intermédiaire d’une amie Elsa qui savait que cette rencontre serait celle d’un grand frère avec sa petite sœur. Passionnée par les Arts Plastiques, il consacre une grande partie de son temps libre à former et promouvoir de jeunes talents.

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  1. Thierry Dia, que faites-vous dans la vie, quel est votre parcours et quelles sont vos activités professionnelles actuelles ?

Dans la vie je suis Chargé de Relations Publiques dans une structure publique de la place du Café Cacao et je suis un passionné d’Arts plastiques. Je suis ingénieur informaticien de profession et par la suite je suis devenu avec des modules et formations Chargé des Relations Publiques.

Dans le cadre des arts, nous avons avec la Galerie Houkami, une programmation d’expositions, l’édition de catalogues artistiques et des Apéros Art qui sont des discussions débats autour de l’Art.
Nous avons deux expositions programmées d’ici la fin de l’année à savoir Aboli Kann et Christophe Sawadogo du Burkina Faso. Au niveau des catalogues, nous allons éditer un catalogue sur Soro Péhouet et un autre sur un collectionneur et un Apéro Art sur la réconciliation autour de l’Art, en d’autres termes, l’Art comme facteur de réconciliation. Voici donc les projets de la Galerie pour les mois à venir.

  1. A l’origine, d’où vient votre passion pour les arts et la culture ? Et comment cela vous a conduit à mener des actions de promotion de l’art et de la culture ?

Je pense que je suis tombé dans la soupe. C’est un effet du hasard. En fait, j’ai acheté une œuvre dans une structure commerciale à Abidjan dénommée Sococé et je découvre un jeune qui s’appelle Charles Armand. Je vais à sa rencontre et il me dit qu’il veut arrêter de peindre. Moi je dis «Non ! Si j’ai acheté ton œuvre c’est justement parce qu’elle a de la valeur et parce que c’est beau !». Mais il m’indiqua qu’il a des problèmes d’argent. Je lui ai proposé un marché et j’ai indiqué que j’allais l’aider. Je luis ai demandé de produire des œuvres et j’ai pris l’engagement de l’aider à les vendre. Et c’est comme ça que tout a commencé. Quand je suis revenu vers lui à la fin du mois, il ne se rappelait plus de notre échange. Et en allant le voir à l’université pour suivre l’avancée de ses travaux, ses autres amis commençaient à venir me voir pour me demander de les aider. Mes amis m’ont conseillé de le faire dans un cadre formel si je voulais le faire. Je n’avais pas réellement le temps mais après réflexion, j’ai décidé d’organiser un concours pour sélectionner les dix (10) meilleurs que j’accompagnerai pendant deux (2) ans. C’est comme ça que le Grand Prix Guy Nairay qui est une biennale est né. A l’origine c’était un concours de peinture et sculpture puis la photographie s’est ajoutée.

Et c’est ainsi que l’on a commencé à travailler et que l’on a créé la Galerie au Deux Plateaux Vallon puis nous sommes arrivés à la Riviera. Cela fait maintenant seize (16) ans que j’évolue dans ce milieu.

On dit souvent que «C’est en mangeant que l’appétit vient». Effectivement, je pensais que j’avais tout vu en une année mais chaque année la créativité et la passion des artistes m’amenait à découvrir d’autres artistes. Ce qui faisait que je n’arrivais pas à m’arrêter. Je découvrais tous les jours de nouveaux talents en organisant le Prix Guy Nairay, en faisant des expositions et je pense que l’art a pris le dessus et cela me poussa, par passion, à faire des choses que je n’imaginais pas faire. J’ai commencé à créer des rencontres et des débats que j’ai appelé les Apéros Arts, on a créé un magazine que l’on appelle Le Guyzigner que nous allons recommencer à produire et nous avons commencé à faire de grandes expositions. Celle qui m’a le plus marqué est celle qui commémora les 30 ans de Maître Monné Bou.

 

  1. Avec seize (16) ans dans la promotion des arts et de la culture en Côte d’Ivoire : Pensez vous que les choses sont en cours d’évolution sur le marché ivoirien ? Comment voyez vous les choses ?

Cette question a deux (2) volets. Les artistes progressent, la vision progresse mais les mécènes sont de plus en plus rares et les galeristes n’ont pas les moyens. Mais avec l’Ecole des Beaux Arts que nous avons, les talents naissent tous les jours. Les artistes sont féconds. Les galeristes ne peuvent pas suivre par ce que l’on ne vient pas à l’art pour se faire de l’argent surtout en Afrique. C’est une réalité qu’il faut que les gens intègrent. On vient d’abord avec la Passion.
C’est par la suite, après dix (10) ans, quinze (15) ans que tu peux espérer avoir quelques choses surtout dans le domaine que moi j’ai choisi parce que Houkami Guyzagn signifie «Aider les jeunes artistes plasticiens qui ont du talent». Donc le temps de faire la formation, de les faire mûrir et grandir dans leur expression artistique, les grandes galeries viennent chercher l’artiste. Ce n’est pas comme au football, l’artiste lorsqu’il part, il est parti. Tu l’as formé mais tu n’as aucune retombée. Et cela c’est insupportable pendant des décennies si tu n’es pas un passionné. Donc on a besoin d’entreprises pour nous aider, de bonnes volontés pour nous ouvrir des portes, de fondations pour subventionner le marché des arts. Il y a un marché qui est là, il y a des galeristes, il y a des artistes, des amateurs, des passionnés, il faut des musées, des écoles, il faut tout ça. Il y a un circuit et la formation n’est qu’un axe. Par exemple, CIV Telecom accompagne la Galerie Houkami Guyzagn dans le cadre du Concours Guy Nairay. Nous sommes partenaires et nous aidons ces jeunes à avancer.

La Galerie est une société qui paye des charges et des employés. Il serait donc judicieux qu’il existe des subventions, des facilités au niveau de la fiscalité pour permettre aux galeries de vivre car on peut faire trois (3) mois sans vendre une seule œuvre d’art.

Quant à l’évolution de l’art sur le marché ivoirien, il y a de grosses galeries qui sont installées sur la place pour les artistes confirmés à un haut niveau. Mais pour avoir les artistes confirmés, il faut commencer par la base. On revient donc à ceux qui les forment qui ont des difficultés et qui méritent des encouragements.

Au niveau d’Abidjan, l’on peut citer la Galerie Cécile Fahkoury, la Fondation Donwahi, la Galerie le Basquiat et Houkami Guyzagn qui s’est spécialisé dans la formation de jeunes artistes plasticiens. Cependant tout se résume à Abidjan. Il faudrait que l’on puisse avoir des Galeries à l’intérieur à Yamoussoukro, Korhogo… et cela peut concerner d’autres domaines comme la sculpture, la photographie, etc. Tout est concentré à Abidjan et il faut que l’on étende ce marché qui se porte bien en Côte d’Ivoire.

  1. Parlez nous de la Galerie Houkami Guyzagn : L’idée, sa vocation et les actions qu’elles mènent

Houkami Guyzagn vient de Houkami en Baoulé qui veut dire «Aides-moi» et Guyzagn car Guy évoque Guy Nairay qui a aidé les autres sans forcement chercher quelques choses en retour et Zagn pour le rappel phonétique au «design».

Par conséquent, pour moi, Houkami Guyzagn c’est aider comme Guy Nairay sans attendre quelques choses en retour et le faire par la bonne volonté. Cette bonne volonté nous a fait évoluer et nous a permis d’acquérir une petite notoriété qui nous permet aujourd’hui de promouvoir et vendre des artistes. Et pour ce faire, nous devons avoir des magazines, permettre des discussions débats et par conséquent, nous nous sommes agrandis et avons quitté nos locaux des Deux Plateaux Vallon pour venir à la Riviera. Nous avons donc un espace plus grand qui peut accueillir des résidences d’artistes pour la production artistique, dispose d’un restaurant, d’une salle d’exposition intérieure et d’une salle d’exposition extérieur et d’un lounge bar pour discuter.

Cette résidence est le résultat de cette grande ambition. Et nous souhaitons pouvoir en cinq (5) ans nous faire connaître dans toute la sous région et mener des actions dans des lieux oubliés et auprès des artistes qui ont besoin de visibilité et de promotion.
L’idée étant de faire connaître nos jeunes artistes à l’extérieur et faire connaître des artistes étrangers en Côte d’Ivoire.
Voici les objectifs que nous nous sommes fixés et je prie Dieu que nous ayons la santé pour pouvoir mener toutes ces actions et faire de Houkami Guyzagn le point d’attraction des jeunes artistes plasticiens de toute l’Afrique.

Découvrez la Galerie Houkami Guyzagn

4 comments on “Thierry Dia

    • Merci Monsieur ! Vous avez tout à fait raison ! Il faut continuer à encourager ce travail de promotion des arts et de la culture ! Merci à Thierry Dia !

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  1. Courage à vous et bonne continuation dans ce domaine qui n’est pas forcément connu de tous, que GOD vous aide pour ce que vous faite pour nos jeunes artistes……

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