Nu Barreto à l’exposition Lumières d’Afriques

Lumières d’Afriques est une exposition qui réunit les œuvres de 54 artistes contemporains africains et qui est à l’initiative de African Artists for Development (AAD) en coopération avec la Banque Africaine de Développement (BAD) et la Fondation Donwahi pour cette première sur le continent Africain. L’exposition sera accessible du 27 avril au 6 juin 2016 à la Fondation Donwahi.

J’ai été informée par l’artiste guinéen Nu Barreto, qui représente son pays la Guinée et dont j’apprécie tout particulièrement le travail, de la tenue d’un Point Presse qui a eu lieu le 26 avril 2016 à la Fondation Donwahi en amont du Vernissage prévue le même jour dans la soirée. Retour sur la rencontre avec Nu Barreto qui sera de retour à Abidjan en octobre 2016 pour une exposition à la Galerie LouiSimone Guirandou.

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L’œuvre Sukuru (Pénombre) de Nu Barreto

Nu Barreto a proposé pour l’Exposition Lumières d’Afriques une œuvre dénommée Sukuru qui signifie «Pénombre» dans sa langue natale.

Cette œuvre est très intéressante dans sa conception. En effet, pour la réaliser, l’artiste s’est d’abord mis dans le noir, l’obscurité totale, en d’autres mots, dans la pénombre pour travailler sur le fond de sa toile. Il a ensuite allumé la lumière pour terminer sa toile. Il a donc intégré de façon physique la thématique, lui qui vient d’un pays où le problème d’accès à l’électricité est d’actualité.

Techniquement son travail est une acrylique sur toile marouflée. En effet, il n’est pas facile de dessiner sur une toile d’où l’utilisation de la technique de marouflage qui consiste à coller des surfaces de papiers sur lesquelles l’on peut dessiner, peindre, et écrire. Cette surface de travail a été peinte à l’encre de chine pour avoir différents dégradé. C’est donc un fond en nuance de gris/noir que l’on peut découvrir.
On voit apparaître la couleur sur la toile mais sachez que ce n’est pas un hasard. La couleur fait référence au thème «Funguli» sur lequel Nu Barreto travaille depuis quelques années. Cette expression «Fungili» est très utilisée en Guinée Bissau, son pays natal, pour désigner les personnes à la peau noire qui ont la peau blanchâtre car ils n’ont pas assez d’argent pour acheter de la crème pour se pommader. Ce terme désigne donc les personnes pauvres. La couleur est donc là pour faire apparaître la composition chromatique de la couleur de peau car les hommes sont faits de toutes les couleurs de la vie.

On voit aussi de nombreux personnages flottants sur la toile. Ils font référence à un proverbe créole guinéen qui est le suivant «Vous êtes lâchés comme des pollens en l’air.». Ce proverbe signifie que vous pouvez vous débrouiller par vous même sans forcément attendre le support ou le soutien des autres. Vous remarquerez que les mains des personnages se trouvent au niveau des pieds et les pieds se trouvent au niveau des mains. Ce changement est là pour matérialiser l’imperfection des hommes dans un monde où les individus sont souvent en recherche constante de perfection. On aperçoit également des échelles dispersées ça et là qui représentent l’ascension sociale. Certaines sont bancales, d’autres cassés, il manque des barres à certaines d’entre elles pour montrer que ce n’est pas facile de changer de milieu social.

Cette œuvre est vraiment très complète et riche de sens. Je la résumerais comme étant la capacité des hommes à trouver les ressources et l’énergie qui existe en eux pour aller de l’avant, se transcender dans cet univers où ils sont parfois livrés à eux même.

 

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Nu Barreto

Nu Barreto est un artiste né en 1966 à São Domingos, dans le nord de la Guinée Bissau. Installé à Paris depuis 1989, il s’intéressa d’abord à la photographie et recevra une brève formation à l’École de Photographie AEP à Paris en 1993. Il intègrera ensuite l’École Nationale des Métiers d’Image, Gobelins, à Paris, de 1994 à 1996, où il conclu ses études photographiques.
Son travail, d’un point de vue technique, est un mélange de dessin, de collage, de récupération intégrant le spectateur dans la démarche artistique à travers l’usage de la peinture, de la photographie, du dessin et de la vidéo.
D’un point de vue intellectuel, Nu Barreto dénonce de nombreux fléaux (misère, souffrance, discriminations sociales…) qui sévissent sur le continent africain à travers l’utilisation d’une forte symbolique exprimées dans les formes, les couleurs et les motifs.
Internationalement connu et reconnu pour ses talents puisqu’il a commencé à exposé dès 1998 lors de plusieurs œuvres monographiques et manifestations collectives au Portugal, en France, aux Etats Unis, au Brésil, au Sénégal, en Allemagne et en Espagne, il posera ses valises à Abidjan pour sa prochaine exposition, prévue en octobre 2016 à la Galerie LouiSimone Guirandou sur le thème de « L’Harmonie ».

Site officiel 

Notez donc cet événement dans vos agendas !

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