Henrike Grohs

Le dimanche 13 mars 2016 Henrike Grohs, Directeur de l’Institut Goethe de Côte d’Ivoire nous quittait, figurant parmi les victimes de l’attaque terroriste de Grand Bassam. Je n’ai pas eu la chance de la rencontrer pour mon interview en qualité d’acteurs de la promotion des arts et de la culture pour lequel elle m’avait donné un retour favorable par mail, via LinkedIn. Nous devions en parler après le MASA. Le MASA est passé et elle s’en est allée. J’ai tout de même décidé de faire cet article. Je n’ai pas voulu faire un témoignage car il m’aurait été difficile de sélectionner ses proches, sa famille, ses amis, ses collaborateurs… ce sera donc un article articulé autour de deux aspects : son parcours et l’hommage artistique que la communauté des arts de Côte d’Ivoire lui a offert.

source : sudplanet.net
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Henrike Grohs, l’amie de la culture ivoirienne
Henrike Grohs, ethnologue de 51 ans, dirigeait, en qualité de Directeur, le Goethe-Institut Côte d’Ivoire depuis le 1er décembre 2013. Qualifiée de « Grande experte culturelle », de « passionnée des arts », elle était très bien intégrée dans le milieu artistique et culturel ivoirien et surtout très engagée dans la promotion de la Culture en Côte d’Ivoire. Elle joua un rôle important dans la reconversion et réinsertion de plusieurs talents montants en les encourageant dans la voie des arts et ainsi en les sauvant de la délinquance juvénile et des fléaux qui en découlent. Son dernier projet initié est le projet « J’aime ma Lagune » qui consiste à promouvoir la lagune abidjanaise et à encourager les ivoiriens à se réapproprier cette merveille que nous a offert la nature.

Auparavant, elle occupa à partir de 2009 le poste de Responsable du Département Culture et Développement au Goethe-Institut de Johannesburg. Entre 2002 et 2009, elle était chargée des projets pour le programme éducatif de l’Orchestre Philharmonique de Berlin.

 

Hommage artistique à Henrike Grohs et toutes les victimes de Bassam

«Je vous demande de ne plus pleurer Henrike, de ne plus pleurer les victimes de Bassam, mais de vous réjouir de les avoir connus». Cette phrase nous donne le ton. Elle nous montre la force de cette famille artistique et culturelle attristée d’avoir perdue un être cher mais qui se réjouie d’avoir été enrichie de ses enseignements et du partage d’expériences.

L’hommage artistique a eu lieu ce samedi 19 mars 2016 à l’Institut Français de Côte d’Ivoire et a été organisé avec la participation d’artistes regroupant les différentes disciplines artistiques avec lesquelles Henrike Grohs a collaboré : de la danse aux arts plastiques en passant par le slam, le théâtre la musique, la photographie, l’architecture, le design, le cinéma, le conte sans oublié le Club allemand du Goethe, tous ces artistes orphelins et amis des arts ont contribués à faire de cet hommage un moment émouvant.

La prestation s’est composée de deux performances in situe suivies d’une animation dans l’amphithéâtre dont le fil conducteur était l’expression « Zéro pointé » pour signifier que l’acte terroriste est nul de sens.

La première performance in situe s’est tenue dans l’amphithéâtre extérieur de l’Institut Français de Côte d’Ivoire où une chorale nous rappela que « ce n’est qu’un au revoir ». S’en est suivi une plainte en langue vernaculaire et une danse rappelant la violence de l’attaque terroriste.


Nous avons ensuite été invité à entrer dans le hall de l’Institut Français où des poètes et conteurs ont pris la parole, accompagnés par une douce mélodie enrichie par des chanteurs et un orchestre d’instruments traditionnels africains notamment du balafon, de la flute, du ahoco, du djomolo et du tambour. J’ai particulièrement été émue par la prestation de danse traditionnelle. Elle était puissante et émouvante.

Enfin, nous nous sommes dirigés dans l’amphithéâtre, pour assister à un spectacle riche, coloré allant de la mélancolie à l’espoir, de la tristesse à la joie.
La rappeuse Nash a par ailleurs pris la parole pour s’exprimer en langage Nouchi, argot ivoirien qui est un subtil mélange de français et de langues locales : « Je suis tellement dégba (désespérée) que les mots me fraya (manquent) », soupira-t-elle avant d’entonner l’hymne national de la Côte d’Ivoire en Nouchi. La foule dans la salle se leva spontanément.
Par la suite, le reggae-man Kajeem pris le micro et enflamma la salle à l’image de la joie de vivre de Henrike Grohs en nous amenant à reprendre en chœur, avec lui, le refrain de sa chanson « Tivié ». A l’issue de sa prestation, il nous invita à nous approprier le projet «J’aime ma lagune», dernier projet initié par Henrike Grohs avec pour objectif d’inciter les ivoiriens à intégrer cette belle lagune dans leur quotidien et à ne pas la laisser mourir.

Pour terminer, cet hommage était beau et axé autour de l’amour.

Merci à Henrike Grohs ! Merci à ses collaborateurs, amis, frères, sœurs, artistes ! Merci à tous ceux qui nous ont quitté trop tôt mais que l’on n’oubliera jamais !

Je conclurai mon propos avec une citation de Salif Keita que j’apprécie pour sa force. Il s’agit : « L’amour partout perce plus fort que les balles d’un fusil ».

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