Et si je vous racontais une histoire ? – Contes africains, pour une compréhension de la vie !

Ils sont drôles, amusants, tristes, mystérieux, magiques, parfois troublants, voire émouvants. Les contes africains ont de tout temps fasciné petits et grands. Durant mon enfance, j’ai souvent écouté mes parents nous lire, à mes sœurs et moi, les histoires de « Thiéni Gbanani l’enfant terrible », de « Leuk-le-lièvre » ou encore « Les contes du Père Voilà Pourquoi ». Ces moments privilégiés en famille n’étaient pas justes distrayants, ils étaient aussi un moyen de transmettre des valeurs et des connaissances essentielles sur la vie, et aussi surtout un moyen de découvrir la sagesse ancestrale de la culture africaine.

En Afrique, l’art traditionnel du récit est très ancré. C’est une forme inestimable de diffusion et de transmission du savoir et de la connaissance. Cette tradition orale fait partie intégrante du patrimoine culturel africain. La plupart des africains, jeunes et moins jeunes, se souviennent tous des moments où leurs parents, grands-parents ou aînés, leurs racontaient des histoires ou des contes de l’ancien temps, autour d’un feu au village ou plus récemment au chevet de leur lit. Ces histoires à forte valeur morale mettent souvent en scène des animaux. Il y a les petits et les grands, les forts et les faibles, les courageux et les peureux, les bons et les mauvais. Ces animaux personnifiés représentent souvent une valeur ou des valeurs que les Hommes doivent avoir pour mener à bien leur vie, régler leurs différends, leurs conflits… en somme trouver une voire plusieurs solutions à toutes les situations de la vie auxquelles ils pourront être confrontés, dans le respect et la tolérance. Ces contes (ou fables) sont donc, avant d’être un divertissement, un moyen de transmettre un message de paix à travers la compréhension mutuelle. C’est aussi un moyen de sensibiliser les jeunes générations à la philosophie car tous les contes ont une morale qui pousse à une activité intellectuelle, reposant sur le questionnement, l’interprétation et la réflexion de chacun sur le monde et l’existence humaine d’un point de vue collectif et individuel. Pourquoi ? Tout simplement parce que le conte illustre souvent des situations qui nous sont familières dans notre vie quotidienne !

Je vous invite donc, si vous ne l’avez pas encore fait, à lire un conte africain et à vous laisser émerveiller par ces histoires fantastiques qui sont souvent accompagnées de chants et de musique ! Voici les livres de contes que je vous conseille de lire :

  • « Thiéni Gbanani l’enfant terrible », Mamadi Kouyaté et Laurent Lalo (1979)
  • « Les contes du Père Voilà Pourquoi », CEDA (1987)
  • La belle histoire de « Leuk-le-lièvre », Léopold Sédar Senghor et Abdoulaye Sadji (1990)
  • « Le petit Bodiel et autres contes de la savane », Amadou Hampâté Ba (1995)

 

2 comments on “Et si je vous racontais une histoire ? – Contes africains, pour une compréhension de la vie !

  1. Et vous savez peut-être Isabelle, que certains de ces contes ont eu un destin tout à fait singulier : ils se sont un jour échappés du continent africain, ont pris pied dans la Grèce antique, ont refleuri en France au dix-septième siècle pour résonner aujourd’hui à travers le monde. Bien sûr au cours de ces millénaires et de ces migrations ils ont un peu évolué ; voici comment l’histoire est arrivée.
    L’homme était une prise de guerre, il s’était donc retrouvé sur un marché aux esclaves de la Méditerranée et il avait finalement été acquis par un marchand grec. Un jour son maître l’envoie au marché en lui donnant pour instruction de rapporter ce qu’il trouvera de meilleur : l’esclave rapporte des langues de boeuf. « Pourquoi des langues ? » L’esclave répond que la langue, qui porte la parole et permet de communiquer est sans conteste ce qu’il y a de meilleur. Le lendemain, encore intrigué par la puissance de ce commentaire, le maître le renvoie au marché en demandant cette fois la pire des choses : l’esclave part… et revient avec des langues de boeuf ! Stupéfaction du maître. Réponse : « la langue est l’instrument perfide de la calomnie, elle est cause de haine et de guerre, elle est bien la pire des choses. »
    On rapporte que le jour même le maître, Xanthos, émerveillé de tant de subtilité, affranchit son esclave : l’homme s’appelait Esope.
    Esope, c’est la prononciation française du nom Aethiops, qui signifie en grec « visage brûlé », autrement dit noir (et qui subsiste dans l’Ethiopie). Esope était un africain. Il répandit autour de lui quantité de petits contes ou fables où les personnages sont des animaux.
    Au dix-septième siècle La Fontaine s’en inspirera abondament, sans oublier, avec une constante modestie, de rendre hommage à son modèle.

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    • Bonjour Claude,
      Je vous remercie pour cet instant de culture. Je ne connaissais pas l’histoire d’Esope. Je la trouve très belle. Elle montre que la culture est à la traversée de tous les chemins. Je vous remercie et j’espère que nous aurons d’autres échanges de ce type !

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